Depuis que Vladimir Poutine a annexé la Crimée, les mouvements séparatistes des pays limitrophes de la Russie ont fait de l’homme fort du Kremlin leur héros.

Samedi 07 juin

13:55

Yourope

A quel point les jeunes Russes sont-ils européens ?

De nombreux jeunes Russes ont rejoint les rangs des mouvements séparatistes. Mais si certains d’entre eux ne voient dans cet engagement qu’un moyen de tromper le désœuvrement d’une vie sans repères, d’exprimer leurs colères et se sentir plus forts, d’autres ont choisi une autre voie pour manifester leur attachement à la Russie et leur patriotisme. Que ce soit en Russie ou ailleurs, les Russes revendiquent leur identité forte.

Alors, qui sont les Russes ? Partagent-ils nos valeurs démocratiques ? Regrettent-ils l’hégémonie soviétique, ou rêvent-ils d’une russification de l’Europe ?

Comment voient-ils les choses ?

 

De Saint-Petersbourg aux confins de l’Estonie, en passant par Londres, que l’on peut se risquer de baptiser aujourd’hui Londongrad, Yourope est parti à leur rencontre.

 

Russie : les jeunes patriotes
jeunes russes, saint-petersbourg

Ivan, Sergeï et Ilja, club de basket Spartak de Saint-Petersbourg

 

Ivan, Sergeï et Ilja sont des passionnés de basket. Mais en ce moment, c’est plutôt la politique qui les mobilise. Ils soutiennent la politique du Kremlin et approuvent l’annexion de la Crimée. Pour eux, la politique de Poutine est « bonne », elle symbolise la réussite de la Russie. Quant à l’attitude des Etats-Unis et de l’Europe depuis les événements en Ukraine, nos trois basketteurs la critiquent sévèrement. Ils protestent contre les mesures déjà prises à l’encontre de la Russie et s’insurgent contre les sanctions à venir.

Plutôt pacifiques, Ivan, Sergeï et Ilja ne sont pas favorables au conflit et préfèrent le dialogue. De quoi sera fait l’avenir de la Russie ? Ils ne croient pas à la possibilité de nouveaux affrontements ou même d’une guerre. Mais s’il fallait en arriver là, c’est sûr, ils seraient aux côtés de la Russie, leur mère patrie.

 
Allemagne : « L’âme russe »

Que savons-nous au juste de ceux qu’on appelle les « Russes » ? Qu’est-ce que l’âme russe ? A vrai dire, pas grand-chose. Plutôt « amicaux », généralement « bruyants », volontiers « mélancoliques » avec une nette propension aux extrêmes…

Voilà l’image que se font de nombreux Européens de « l’âme russe ». Une notion qui remonte à la fin du XIXe siècle et que l’on doit à un diplomate français, le marquis de Vogüé. Celui-ci comparait l’âme russe à une soupe froide faite de tristesse, de folie, d’héroïsme, de faiblesse, de mysticisme et de raison. Un stéréotype qu’il convient de replacer dans son époque, mais qui n’en invite pas moins à interroger le rôle que joue cette fameuse âme russe dans la crise ukrainienne. Yourope a rencontré de jeunes Russes à Berlin, et notamment Mischa, un artiste russe qui s’est beaucoup intéressé à cette « âme russe ».

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Performance artistique "russe" dans le métro de Berlin

 

Grande-Bretagne : Londongrad

De nombreux oligarques russes ont élu domicile à Londres. Au Royaume-Uni, trois des cinq milliardaires les plus riches sont russes. Et ce n’est pas tout : Londres accueille aussi de nombreux millionnaires russes qui envoient leurs enfants dans les écoles britanniques les plus réputées.

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Elena, Alex et Alexander, russes, jeunes et riches

 

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Eglise orthodoxe russe à Londres

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Le Kitch, night club russe à Londres

 

Ces parvenus vivent dans une opulence décadente, dévalisent les boutiques hors de prix et mettent la pagaille dans le marché immobilier local.

Depuis le début de l’année, le Royaume-Uni a ainsi profité d’un afflux de plus de 10 milliards de dollars. Récemment, un journaliste du Financial Times se demandait plein d’ironie si après avoir protégé les minorités russes de Crimée, Poutine n’allait pas un jour envoyer ses troupes à Chelsea ou Kensington.

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Alex Andreev, homme d'affaire russe, directeur général, Londres

 

Estonie : les non-citoyens russes

 

« Poutine le sauveur » fait peur à toute l’Europe, surtout à ses pays limitrophes. Les russophones vivant à la frontière de la Fédération russe souhaitent-ils réellement réintégrer la maison Russie ? Ne voient-ils pas l’avenir différemment ?

Aux confins de l’Estonie, la ville de Narva est plus proche de Saint-Pétersbourg que de Talinn, la capitale du pays. Sa population à majorité russophone fait l’objet de discriminations de la part du gouvernement.

Les Russes d’Estonie n’ont pas la citoyenneté estonienne. Pour l’acquérir, il leur faudrait définitivement tourner le dos à la Russie. De quoi attiser les velléités séparatistes. Dans les Pays baltes, beaucoup craignent la main tendue par le maître du Kremlin.

 

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Un kiosque à Talinn

Yourope, samedi 7 juin à 14h

 

 

 

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Dernière màj le 8 décembre 2016