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Un ex-interprète de l'armée française tué en Afghanistan

Pays : Afghanistan

Tags : Visas, Armée française, talibans

Qader Daudzai, ancien interprète afghan de l'armée française, a perdu la vie dans un attentat-suicide à Kaboul samedi 20 octobre, jour des élections législatives. Il se trouvait alors dans un bureau de vote de la capitale. En 2015, Qader Daudzai s'était vu refuser une première demande de visa pour la France. Plus de cent cinquante autres Afghans, ayant travaillé pour l'armée française avant son retrait en 2014, avaient essuyé le même refus.

Entre 2001 et 2014, quelque 700 Afghans ont travaillé, dans leur pays, pour les troupes françaises. Mais qui s'engage pour les forces militaires étrangères s'expose aux représailles des talibans et met sa vie en danger. Beaucoup d'anciens employés afghans de l'armée française mettent en avant les risques auxquels ils se trouvent exposés en restant en Afghanistan.

Les élections législatives, samedi 20 et dimanche 21 octobre, se sont déroulées dans un contexte particulièrement violent : les attaques menées contre les bureaux de vote, certaines par les talibans, ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés.

 

Les interprètes afghans laissés pour compte par la France

Les anciens interprètes de l'armée française en Afghanistan, destinataires de lettres de menaces des talibans, vivent dans la peur et cherchent à fuir leur pays. Malgré les risques qu'ils encourent, la France a rejeté, sans aucune justification, plus de cent cinquante demandes de visa adressées par d'anciens interprètes en 2015. Beaucoup ont alors fait le choix d'émigrer illégalement.

En 2015, Constantin Simon avait rencontré des interprètes afghans à Kaboul. Ces derniers ont raconté à ARTE Journal les risques qu'ils courent au quotidien : 

Des visas pour les traducteurs afghans de l'armée française ?
En Allemagne, les difficultés d'un nouveau départ

Les Afghans ayant prêté main forte à l'armée allemande font face aux même difficultés. Parmi eux, beaucoup ont demandé l'asile en Allemagne, en vain. Fin septembre, l'hebdomadaire Der Spiegel rapportait que près de 150 Afghans avaient manifesté devant le camp militaire Marmal, une base allemande située à Mazar-i-Sharif. Ils se disaient menacés par les talibans et assuraient ne plus se sentir en sécurité dans leur pays. Leurs demandes de visa pour l'Allemagne avaient également été rejetées. La ministre allemande de la Défense assurait alors qu'aucune menace individuelle concrète n'était à déplorer.

Pour les interprètes qui ont pu s'établir outre-Rhin, d'autres difficultés se profilent : il leur faut trouver un logement, un emploi, s'occuper de leur assurance maladie, etc. En Allemagne, une association de parrainage, gérée par des bénévoles, vient en aide au quotidien à ces anciens interprètes.

En Allemagne, un réseau de parrainage pour les interprètes afghans

 

Dernière màj le 24 octobre 2018