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Les fragiles promesses de la trêve en Syrie

Pays : Syrie

Tags : Bachar al Assad, Trêve

Une nouvelle trêve est entrée en vigueur en Syrie le 12 septembre dans la soirée. Elle est à l’initiative de la Russie et des Etats-Unis et intervient après des semaines de discussions entre les deux pays. Pour l’instant, elle est prévue pour une durée de 48 heures, renouvelable si elle n’est pas bafouée. 

Ce n’est pas la première fois qu’une trêve est envisagée. Le 27 février 2016, un accord de cessation des hostilités, initié par Washington et Moscou, est entré en vigueur. Même si les combats ont été moins intenses pendant un mois -sans pour autant disparaître- l’accord fut tué dans l’œuf après les violations répétées des acteurs du conflit. Les négociations de paix ouvertes à Genève sur l'avenir de la Syrie sont quant à elles au point mort, après que l’opposition a claqué la porte.

Retrouvez notre reportage sur le quotidien libyen à Tripoli :

Un week-end à Tripoli
Un week-end à Tripoli C'était il y a 5 ans. Nicolas Sarkozy et David Cameron étaient salués par les libyens comme des libérateurs… Un week-end à Tripoli

 

En attendant, les frappes se poursuivent

L'annonce de ce cessez-le-feu, après des semaines de discussions entre l’opposition et le régime, est censée une nouvelle fois arrêter l'effusion de sang qui dure depuis cinq ans. La trêve devrait permettre de pouvoir acheminer de l’aide à des centaines de milliers de civils. Seulement voilà : à moins de vingt-quatre heures du cessez-le-feu, les raids aériens et les bombardements se sont poursuivis sur tous les fronts dans le pays. L'aviation du régime a bombardé la partie rebelle assiégée dans l'est d'Alep. "Nous prions pour qu'il y ait un cessez-le-feu afin de donner un répit aux civils", a déclaré un habitant, mais après "des bombardements jour et nuit […] la population n'a plus guère d'espoir".

Il y a ceux qui se font des illusions, et cela fait cinq ans qu'ils ne sont pas débarrassés de ces illusions.

Bachar al-Assad à l'opposition - 11/09/2016

Bachar al-Assad dit "oui" au cessez-le-feu, si…

Le président syrien Bachar al-Assad ne semble pas se presser à vouloir redonner de l’espoir à la population : pour lui, l’arrêt des combats n’interviendra qu’après que le régime a "repris" tout le territoire qui échappe à son contrôle. Le président ne veut pas céder d’un pouce et il a affirmé, lors d'une visite dans l'ex-fief rebelle de Daraya près de Damas, que "l'Etat syrien est déterminé à reprendre aux terroristes toutes les régions et à rétablir la sécurité […]. Les forces armées vont poursuivre leur travail sans hésitation [...] et indépendamment des facteurs extérieurs et intérieurs".

Par "terroristes", Bachar al-Assad désigne à la fois les rebelles et les djihadistes. Pour lui, l’opposition n’a aucune nuance et elle n’a rien à espérer des négociations en cours entre les Etats-Unis et la Russie : "Il y a ceux qui se font des illusions, et cela fait cinq ans qu'ils ne sont pas débarrassés de ces illusions", selon des propos repris par l'agence officielle Sana.

Chronologie de la guerre en Syrie :
 

Sources : LeMonde.fr, HuffingtonPost.fr, diplomatie.gouv.fr

L'accord russo-américain vise à éliminer ceux qui protègent les Syriens.

Le porte-parole des djihadistes de Fateh al-Cham - 12/09/2016

Les djihadistes restent la première cible des Etats-Unis et la Russie

Si cette trêve est respectée pendant sept jours, les Russes et les Américains concentreront leurs efforts de guerre contre les deux principaux groupes djihadistes en Syrie, le groupe Etat islamique et le Front Fateh al-Cham (l'ancien Front Al-Nosra) et vont créer un "centre conjoint" pour coordonner ces attaques. Le casse-tête ne va pas être simple à démêler pour Washington, qui va devoir convaincre les rebelles modérés de se dissocier de Fateh al-Cham, leur unique allié dans les provinces d’Alep et d’Idleb. Il s'agit d'un des principaux obstacles à l'application de l'accord : les rebelles comptent sur l'aide de Fateh al-Cham dans la bataille contre le régime de Bachar al-Assad. Pour le porte-parole des djihadistes, "l'accord russo-américain vise à éliminer ceux qui protègent les Syriens"

 

Dernière màj le 16 septembre 2016