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Les Européennes victimes de violences

Pays : Danemark

Tags : violences faites aux femmes, Santé

Au moins une femme sur trois vivant au sein de l’Union européenne a été victime de violences physiques ou sexuelles. Une proportion qui augmente dans les pays d’Europe du Nord.

 

Centres spécialisés pour hommes violents, hotlines pour les victimes. Voici quelques unes des mesures mises en place par le Danemark pour endiguer le fléau des femmes battues, pour lequel le gouvernement avait débloqué en 2012 un budget de près de cinq millions d’euros. Dans le pays scandinave, plus d’une femme sur deux affirment avoir été la cible de brutalités. C’est le taux le plus élevé d’Europe, selon l’étude menée en 2014 par l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA).

L’Europe du Nord dans son ensemble affiche des taux alarmants. Après le Danemark vient la Finlande, où 47% des femmes ont subi des violences physiques ou sexuelles au moins une fois dans leur vie depuis l’âge de 15 ans, puis la Suède (46%) et les Pays-Bas (45%). Au total, au moins une femme sur trois vivant au sein de l’Union européenne (UE) serait concernée, soit 62 millions d’Européennes. Un travail qui s’appuie sur les témoignages de 42 000 femmes, dans les vingt-huit pays de l’UE.

« On a besoin d’agir. Trop de femmes souffrent en Europe, avait lancé le directeur de la FRA, le Danois Morten Kjaerum, lors de la publication du rapport. Les chiffres révélés par l’enquête ne peuvent et ne doivent tout simplement pas être ignorés. » L’étude indique également qu’une femme sur vingt a été violée depuis l’adolescence. L’agence appelle les États membres de l’UE à ratifier la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence des femmes et la violence domestique, dite convention d’Istanbul. A ce jour, dix-huit États l’ont signée.

44% des Françaises auraient été victimes de violences

A l’inverse des pays du Nord de l’Europe, ceux du Sud affichent les taux les plus bas : 22% des femmes en Espagne, à Chypre et à Malte ont déclaré avoir été victimes dans leur vie de violences sexuelle ou physique. Selon la FRA, plusieurs facteurs peuvent expliquer les différences entre les pays, notamment une égalité des genres plus aboutie qui peut pousser les femmes à parler plus facilement des violences et à les juger moins acceptables.

« Nous sommes conscients du fait que certaines femmes n’ont peut-être pas tout dit à l’enquêteur, explique Joanna Goodey, directrice du département « Justice et liberté » de l’agence, au journal Le Monde. Dans les pays les plus progressistes, il est plus facile de parler de ces choses-là. » Selon elle, il est aussi normal que le taux de harcèlement soit plus élevé dans les pays égalitaires : « Une femme qui occupe un poste habituellement dévolu aux hommes est plus exposée aux risques qu'une femme qui n'a pas d'emploi et reste au foyer. »

Avec 44% des femmes qui déclarent avoir été victimes de violences, la France se situe au-dessus de la moyenne européenne. L’Allemagne, quant à elle, affiche un taux de 35%.

Franck Berteau

 

Dernière màj le 13 janvier 2017