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Les concessions d’Athènes

Pays : Grèce

Tags : crise, Austérité

Par référendum et sous l’impulsion du gouvernement de Tsipras, les Grecs avaient massivement rejeté le plan de réformes des créanciers. Mais finalement, Athènes semble vouloir mettre de l’eau dans son vin. Le texte de 13 pages remis jeudi 9 juillet par le gouvernement grec ressemble fortement aux dernières propositions des créanciers. En échange d’importants efforts, Athènes réclame toutefois un financement de 53,5 milliards d’euros qui lui doit permettre de couvrir ses obligations liées à la dette jusqu’en 2018. Avant d’être examinées par les créanciers, les nouvelles mesures doivent être validées par le Parlement grec. Retour sur les mesures au cœur de toutes les attentions.

 

Le gouvernement grec anti-austérité a fini par accepter de nouveaux efforts qui doivent permettre 13 milliards d’économie sur trois ans. Dans son texte de 13 pages intitulé "Actions prioritaires et engagements", Athènes s’engage à adopter de nombreuses propositions émises le 26 juin par les créanciers. Des mesures qu’elle avait, dans un premier temps, rejetées en bloc avec l’annonce de la tenue d’un référendum. 

 

Lors du référendum du 5 juillet, les Grecs ont dit non :

- Aux dernières propositions des créanciers concernant la suppression des abattements fiscaux dans l’ensemble des îles grecques.

- A la réduction des dépenses militaires de 400 millions exigée par les créanciers de la zone euro, de la BCE et du FMI.

- A la rapide entrée en vigueur, le 1er juillet, de la réforme de la retraite et celle de la TVA.

Hausse significative des taxes

Comme le souhaitaient les créanciers de la Grèce, le taux de la TVA doit passer à 23%. La restauration, dont la TVA était jusqu’ici fixée à 13%, n’est pas non plus épargnée. Seuls les produits de base, l’électricité et les hôtels bénéficieront toujours d’une TVA à 13%. Celles des médicaments, livres et places de théâtre restent à 6%. Le gouvernement propose aussi la suppression des avantages fiscaux pour les îles qui bénéficiaient, depuis une trentaine d’années, d’une réduction de 30% de la TVA. D’autres taxes doivent également augmenter, comme celles sur les sociétés qui doivent passer de 26 à 28%, comme le souhaitaient les créanciers, alors qu’Athènes aurait préféré un passage à 29%.

 

Privatisations

Le gouvernement d’Alexis Tsipras concède également à vendre la part restante de l’État des télécommunications grecques OTE, dont le principal actionnaire est l’Allemand Deutsche Telekom. Un appel d’offres pour la privatisation des ports du Pirée et de Thessalonique sont prévus d’ici octobre. Le secteur public, lui, doit être modernisé et les fonctionnaires seront évalués.

 

Retraite

Autre point sensible des nouvelles propositions, l’âge du départ à la retraite à taux plein est fixé à 67 ans ou 62 ans avec 40 ans de travail. Il doit être relevé progressivement d’ici à 2022.

 

Évasion fiscale

Le gouvernement veut réorganiser le système de collecte des impôts. Il propose également une série de mesures pour lutter contre l’évasion fiscale. 

Dernière màj le 8 décembre 2016