|

Les Balkans, porte d’entrée des migrants

Pays : Autriche

Tags : Réfugiés, Balkans

La route des Balkans de l'Ouest est la principale porte d’entrée après la Méditerranée. Elle constitue un passage obligé pour des milliers de réfugiés qui fuient les conflits meurtriers au Moyen-Orient et viennent chercher l’asile dans l’Union européenne. Pourquoi ne restent-ils pas en Albanie, en Macédoine ou en Serbie ? ARTE Info fait le focus sur la situation politique et économique des pays des Balkans. Retrouvez ces informations dans notre infographie (cliquez sur les pays) :

 

* l'Indice de développement humain (IDH) permet de comparer le niveau de développement des pays. Il est calculé à partir des indices de longévité, du niveau d'éducation et du niveau de revenu par habitant. 

 

 
L’Albanie

Avec un revenu mensuel réel de 280 euros par personne, l’Albanie est l’un des pays les plus pauvres d’Europe. Le taux de chômage frôle les 20% et la corruption  s’invite sur le marché économique. Pour échapper à la crise qui paralyse le pays, beaucoup de personnes, y compris issues de la classe moyenne, tentent de fuir le pays, aidées par des agences de voyage qui prospèrent grâce au trafic de migrants. Ils se dirigent essentiellement vers l’Allemagne, premier pays d’accueil des réfugiés albanais. Pourtant le taux d’acceptation des demandes d’asile est faible : en 2015, il ne s’élève qu’à 0,6%. Pour empêcher les départs, le pays multiplie les mesures de dissuasion. En juin, des avertissements contre l’asile économique ont été publiés dans les journaux albanais. Ils visent à mettre en garde les candidats contre les maigres chances de voir leur demande acceptée et contre les escroqueries des faux-passeurs. D’ici fin décembre, 770 Albanais doivent être rapatriés d’Allemagne. 

 

La Bosnie-Herzégovine

Indépendante depuis la fin de la guerre avec la Serbie en 1992, la Bosnie-Herzégovine est devenue une porte d’entrée depuis l’élargissement de l’UE. Les migrants viennent essentiellement des pays voisins mais aussi du Pakistan, du Cameroun ou de la Chine. Le pays, qui a mis en place une législation en 2003 sur l’immigration et l’asile et a signé la Convention de Genève sur les réfugiés, doit également trouver une solution pour les 84 500 personnes qui ont migré suite aux conflits de 1991-1995 et les 47 000 rapatriés issus de minorités, comme les Roms encore dépourvus de citoyenneté. 

 

Le Kosovo

Indépendant de la Serbie depuis 2008, le Kosovo est le pays le plus pauvre de la région : 10% des habitants vivent dans l’extrême pauvreté, avec moins d’un dollar par jour. Le chômage, qui grimpe jusqu’à 56% chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, poussent de nombreuses personnes à migrer vers l’Europe. Depuis début 2015, des dizaines de migrants franchissent les frontières entre la Serbie et la Hongrie. La plupart doivent ensuite revenir au pays : "Environ 13.000 Kosovars ont été rapatriés depuis janvier 2015, principalement d’Allemagne", précise Valon Krasniqi, responsable au ministère de l’Intérieur. Le Kosovo est le seul pays des Balkans où les habitants ont besoin d’un visa pour se rendre dans l’UE, malgré les négociations entamées sur le sujet entre la Commission et Pristina depuis janvier 2012. En février, l’Assemblée a adopté une résolution pour contraindre le gouvernement à mettre un terme à la migration illégale. Ses principales mesures visent à annuler les dettes des particuliers envers les institutions et les entreprises publiques. Plus de 40 millions d’euros ont également été débloqués pour créer de nouveaux emplois. Mais le gouvernement doit aussi intégrer ses propres migrants : environ 120.000 Serbes sont restés vivre dans cette ancienne province serbe à majorité albanaise depuis l’auto-proclamation de l’indépendance. 

 

La Macédoine

Dotée d’une économie parmi les plus faibles d’Europe, la Macédoine est confrontée à un taux de chômage élevé et un manque d’investissements. Plusieurs ethnies cohabitent : à côté des Macédoniens qui représentent 64% de la population, les minorités albanaises, serbes, turques et les Roms ont du mal à faire respecter leurs droits. 

Selon le ministre des Affaires étrangères Nikola Poposki, 4000 migrants pénètrent sur le territoire chaque jour. Ils viennent majoritairement de Syrie après avoir traversé la Grèce. Après avoir décrété l’Etat d’urgence le 20 juin, le gouvernement macédonien a décidé de fermer ses portes, provoquant des scènes de chaos à proximité des postes de frontières. Retenus plusieurs jours, les migrants ont finalement traversé le pays, embarqués vers la Serbie à bord de trains. 

 

Serbie

Dernière étape avant de franchir les frontières européennes, la Serbie a réagi plus vite que la Macédoine voisine pour gérer la crise des migrants. Le 22 août, 7000 personnes selon la Croix-Rouge ont franchi la frontière avec la Macédoine. Elles ont été guidées par les forces de l’ordre vers des camps d’accueil où elles ont pu recevoir un peu de nourriture et d’assistance médicale. Leur objectif : déposer une demande d’asile permettant de légaliser leur séjour dans le pays, avant de continuer munis du précieux sésame vers la Hongrie. Depuis le début de l’année, 37 000 migrants ont déposé une demande d’asile. 

Pays d’émigration depuis les années 60, la Serbie est une zone tampon entre les pays voisins et la Hongrie membre de l’UE. L’éclatement de l’ex-Yougoslavie en 1991 a poussé 86 000 réfugiés bosniaques et croates à venir s’installer dans le pays. Beaucoup d’entre eux vivent encore aujourd’hui dans des centres d’hébergement. 

Dernière màj le 8 décembre 2016