|

L'équipe nationale d'Érythrée refuse de retourner à la maison

Pays : Botswana, Érythrée

Tags : football, Réfugiés

 

 

L’avion est reparti à vide. Dix joueurs de l’équipe nationale de football érythréenne ont refusé de regagner leur pays. Les lits de l’hôtel ont été retrouvés vides au lendemain d’un match de qualification pour la Coupe du Monde 2018 en Russie. Le match s’est soldé par une défaite de l’Erythrée : 3:1. Une défaite qui marque en quelque sorte une victoire pour les dix joueurs des Red Sea Camels qui ont pu déposer une demande d’asile au Botswana. "Ils ont été placés en garde à vue pour être interrogés", a déclaré à l'AFP Dick Bayford, avocat représentant le Mouvement érythréen pour la démocratie et les droits de l'Homme (EMDHR).

 

L’asile à la place du service militaire

C’est l’une des causes principales du départ des Erythréens : le service militaire obligatoire, officiellement de dix-huit mois, mais qui peut durer indéfiniment. Par "service militaire", il faut comprendre ceci : les jeunes effectuent les tâches les plus ingrates définies par l’Etat. Une pratique assimilée par les Nations unies à du "travail forcé".

 

A consulter aussi :

Le documentaire Sound of Torture diffusé sur ARTE

Le lot quotidien de la violence et de la torture

Depuis vingt-deux ans, l'Érythrée est gouvernée avec une main de fer par l’inoxydable dictateur Issayas Afewerki. Ce pays, l’un des plus pauvres d'Afrique, figure systématiquement dans les derniers pays des classements internationaux en matière de libertés politiques, libertés d'expression ou droits humains. Arrestations arbitraires, tortures et disparitions d'opposants politiques sont monnaie courante. Cette défection n’est pas une première : en 2012, dix-huit footballeurs érythréens avaient déjà demandé l'asile en Ouganda alors qu'ils participaient à un tournoi de football. En 2007, six footballeurs avaient fait de même en Angola, et douze autres en 2009 au Kenya.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016