L’énergie du futur, le futur de l’énergie

Pays : Monde

Tags : énergie climat, économie d'énergie, gaspillage

Le secteur de l’énergie est à la veille d’une révolution : les émissions de CO2 sont une menace pour le climat ; les réserves de gaz et de pétrole diminuent ; les gisements de charbon sont importants, mais ce combustible est très polluant ; quant à l’énergie nucléaire, elle présente des risques majeurs.

Samedi 17 janvier

14:05

Yourope

Energie de l’avenir - Avenir de l’énergie

Les pays sont de plus en plus dépendants d’une poignée de fournisseurs de gaz et de pétrole, ce qui fragilise la sécurité de l’approvisionnement. Dans le même temps, la voracité énergétique de l’humanité croît sans commune mesure. Pareil bilan pose question : d’où viendra l’énergie de demain ? Yourope mène l’enquête pour savoir de quel combustible se chauffent les jeunes Européens.

 

Au sommaire :

Roumanie : une maison autonome, ou l’autosuffisance énergétique

Allemagne : la société à 2 000 watts : utopie ou réalité de demain ?

Pologne : le vaste défi de l’énergie

Ukraine : le gaspillage énergétique 

 

La dépendance énergétique de l’UE

 

Plus de la moitié de l’énergie (53 %) que l’U.E. consomme doit être importée de pays situés hors de l’Union. En 2013, les ressources énergétiques représentaient un cinquième des importations globales.

A l’issue des crises du gaz de 2006 et 2009, l’U.E. a largement œuvré en faveur d’une amélioration de la sécurité d’approvisionnement énergétique.

 

Quelques chiffres :

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Quels sont nos besoins en énergie ?

 

Entre 1983 et 2013, la consommation d’énergie a quasiment doublé à l’échelle de la planète. Et d’après les experts, elle va continuer à croître d’un tiers au cours des vingt prochaines années. Dopés par leur croissance, les pays émergents et en développement consommeront 80 % de la production mondiale. Mais à ce jour, ce sont encore les pays industrialisés qui sont les plus énergivores avec 58 % de la consommation énergétique globale et seulement 23 % de la population mondiale.

Dans l’Union européenne, la consommation énergétique par habitant frôlait en 2009 les 90 % au-dessus la moyenne mondiale. Beaucoup trop en somme, si l’on a encore à cœur de sauvegarder le climat et si l’on considère la finitude des ressources.

 

Roumanie : une maison écolo et autosuffisante

 

Comment résoudre une fois pour toutes les problèmes liés à l’énergie sans se ruiner ? Voilà une question qui taraude un nombre croissant de jeunes Européens.

Question habitat, un couple de trentenaires qui vit à Turda en Roumanie a trouvé la solution : ils ont construit une maison autonome qui coûte tout juste 15 000 euros. Dire que la plupart des Roumains s’endettent au moins sur 25 ans pour leur projet immobilier !

 

maison écolo

 

Les travaux ont duré un an. Malgré le peu de moyens, Eliza et Dragos ont maintenant une magnifique maison écologique bien douillette. Tous les matériaux qui la composent, chaume et torchis compris, proviennent d’un rayon de 50 kilomètres maximum. L’électricité produite par une petite installation solaire dans leur jardin est ensuite stockée dans de simples batteries de voiture. Eliza et Dragos n’ont quasiment plus besoin de s’approvisionner auprès du fournisseur local. L’hiver, le bois leur suffit comme chauffage d’appoint. Et ils cultivent même tous leurs légumes dans leur serre.

Ces cinq dernières années, une trentaine de ces maisons écologiques est sortie de terre en Roumanie.

 

Notre reportage en Roumanie :

 

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Allemagne : la société à 2 000 watts, utopie ou réalité de demain ?

 

 

éolienne allemagne

 

Des scientifiques de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPF) ont calculé qu’il faudrait limiter la consommation par habitant à 2 000 watts en puissance continue (c'est-à-dire, en permanence, le cumul de sa consommation individuelle et de l’énergie nécessaire à fabriquer les objets qu’il utilise) pour que le réchauffement de la planète ne dépasse pas 2 degrés Celsius, sachant que 1 500 watts devraient provenir d’énergies renouvelables.

En Europe, les besoins en énergie sont trop élevés avec 8 000 watts par personne. Aux Etats-Unis, ils dépassent même les 10 000 watts. En Afrique par contre, la consommation moyenne ne dépasse pas les 500 watts par habitant. Si la société à 2 000 watts devenait réalité, on pourrait protéger le climat et les ressources naturelles, mais aussi répartir équitablement ces ressources.

Or, cet idéal est-il un tant soit peu réalisable ? Quel effet concret cela aurait-il sur notre quotidien d’Européens, pourrait-on s’en sortir avec, en tout et pour tout, un quart de l’énergie que nous utilisons aujourd’hui pour nous éclairer, nous chauffer, nous loger, nous déplacer, nous alimenter ?

 

énergie solaire

 

2 000 watts, cela semble d’emblée très peu : travailler trois minutes sur l’ordinateur portable équivaut à 1 watt, il faut 100 watts pour faire fonctionner un sèche-cheveux pendant quatre minutes, et un four de moyenne gamme consomme 2 000 watts par heure.

Les citoyens favorisés des pays industrialisés devraient donc consentir à de vrais sacrifices : fini les maisons individuelles, les voitures particulières et les voyages fréquents en avion, de même que les cafés à emporter servis dans des gobelets jetables ou la consommation régulière de viande.

Cependant aucun Européen, quels que soient sa conscience écologique et son sens des économies, ne peut parvenir par ses propres moyens à réduire sa consommation à 2 000 watts. Le problème vient en effet de ce qu’on appelle l’ "énergie grise", c’est-à-dire la quantité d’énergie nécessaire à la fabrication, au transport, au stockage, à la commercialisation et au recyclage d’un bien de consommation.

 

ampoule 60w

 

Ainsi par exemple, une feuille blanche de papier toilette contient assez d’énergie grise pour faire brûler une ampoule de 60 watts pendant 80 minutes. D’après les experts, l’énergie grise représente d’ores et déjà jusqu’à 50 % de notre consommation énergétique.

 

Il existe un "éco-bilan" en ligne pour qui veut mesurer la quantité d’énergie qu’il consomme et celle qu’il pourrait économiser.

 

 

Le vaste défi de l’énergie en Pologne

 

En Europe, on ne peut pas dire qu’il y a unanimité en matière d’énergie. Chaque pays a en effet ses propres contraintes et a recours à des sources d’énergie différentes. La Pologne, par exemple, mise sur le charbon.

 

charbon

 

A l’heure actuelle, celui-ci fournit 54 % de son énergie. Certes, c’est le combustible nocif par excellence, mais c’est l’une des richesses naturelles du pays. Si la Pologne veut et doit encourager le développement des énergies renouvelables, la part prépondérante du charbon dans la production n’est cependant pas près de baisser. En effet, les livraisons de gaz en provenance de Russie ayant connu maintes perturbations, le pays privilégie la sécurité énergétique et la plus grande indépendance possible aux dépens de la protection de l’environnement.

 

Quelle est la position des jeunes Polonais sur le modèle énergétique traditionnel adopté par leur pays ?

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Le gaspillage énergétique : aucun pays ne peut plus se le permettre, et l’Ukraine encore moins

 

Le gaspillage énergétique en Ukraine atteint des proportions inégalées en Europe. Les raisons en sont multiples : gazoducs en piteux état, bâtiments non isolés, technologies obsolètes et, surtout, manque de conscience écologique criant des citoyens. Ainsi, pour obtenir l’équivalent d’une performance économique de 1 000 dollars, le pays consomme près de quatre fois plus d’énergie que l’Allemagne.

Les habitants comme les entreprises se chauffent allégrement, car de tout temps le gaz et l’électricité ont été subventionnés par l’Etat. Cela signifie par exemple qu’à l’heure actuelle les dépenses de chauffage n’atteignent que 16 % des coûts réels.

 

tuyaux gaz

 

Gazoduc en Ukraine : le gaspillage révélé par les caméras infrarouge

 

En outre, les Ukrainiens n’ont aucune influence sur leur consommation puisque les radiateurs n’ont pas de thermostat et que c’est le fournisseur communal qui décide seul de l’allumage et de l’extinction du chauffage urbain. De toute façon, cela ne changerait pas grand-chose puisque chacun reçoit une facture forfaitaire basée sur la consommation moyenne de l’immeuble entier. Voilà qui n’incite vraiment pas à faire des économies.

Cependant, la facture de gaz de l’Ukraine est alourdie par le conflit gazier qui oppose le pays à la Russie depuis de nombreuses années, d’où la nécessité de faire des économies d’énergie et de réduire au minimum sa dépendance au gaz russe. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que ce sont les secteurs de l’industrie et de l’énergie elle-même qui présentent les plus grands potentiels d’économie. Mais cela requiert des investissements et des modernisations que l’Etat en faillite ne peut pas se permettre.

 

Gazoduc Ukraine

 

Gazoduc en piteux état

 

Au final, les jeunes ONG écologistes, telles que l’Ekoklub à Rivne, en sont réduites à lancer des initiatives frileuses : lutter en faveur d’une prise de conscience de la population, ou montrer comment on peut isoler soi-même efficacement ses fenêtres.