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Le retrait de Gaza n'a pas freiné l'expansion israélienne (loin de là)

Pays : Israël

Tags : Palestine, Colonisation

Août 2005. Avec le départ des soldats et colons israéliens, trente-huit ans d’occupation de la bande de Gaza prenaient fin. Un premier pas de l'Etat hébreu vers son désengagement des territoires occupés ? Pas franchement : depuis, la Cisjordanie et Jérusalem-Est ont vu s'implanter au moins 130 000 colons supplémentaires.

Depuis 1967, année où Israël a affronté ses voisins arabes lors de la Guerre des Six Jours et conquit la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï à l'Egypte, le plateau du Golan à la Syrie et la Cisjordanie et Jérusalem-Est à la Jordanie, la colonisation de ces nouveaux territoires n'est allée qu'en s'intensifiant - malgré la rétrocession du Sinaï à l'Égypte en 1979 et le retrait des troupes et des colons de la bande de Gaza en 2005. L'objectif d'Israël est double : constituer des zones tampons pour assurer la sécurité de l'État hébreu et étendre son territoire vers les frontières décrites par la Bible.

En mépris du droit international - les Nations unies jugent les colonies de peuplement "illégales" - les gouvernements israéliens successifs, de droite comme de gauche, ont toujours encouragé l'expansion territoriale. Et cela n'a jamais été aussi vrai que ces dernières années. Ainsi, entre 2005 et 2013, le nombre de colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est est passé de 451 333 à 580 801 individus, soit une hausse de 28,6% en huit ans. Dans le même intervalle de temps, la population de l'Etat hébreu connaissait une croissance près de deux fois plus faible, passant de 6,99 millions à 8,13 millions d'habitants, soit une augmentation de 16,3%.

L'agence de statistiques palestinienne évalue à 148 le nombre de colonies israéliennes implantées aujourd'hui en Cisjordanie. Plus de la moitié d'entre elles sont campées dans les seuls gouvernorats de Jérusalem, Ramallah, Bethléem et Hébron.