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Le Républicain Edouard Philippe nommé Premier ministre

Pays : France

Tags : Edouard Philippe, Emmanuel Macron, premier ministre

Son nom était attendu et le secrétaire général de l'Elysée l'a annoncé lundi après-midi : le député-maire républicain du Havre, Edouard Philippe, sera le Premier ministre d'Emmanuel Macron. La passation de pouvoir avec Bernard Cazeneuve a eu lieu peu après. A 46 ans, il devient le plus jeune chef de gouvernement depuis Laurent Fabius en 1984. La composition du gouvernement sera annoncée "mardi en fin de journée", a indiqué le service de presse de l'Élysée.

Enarque de la promotion Marc-Bloch (1997), maître des requêtes au Conseil d'État, maire du Havre depuis 2010 et réélu au premier tour en 2014, Edouard Philippe est un proche de longue date d'Alain Juppé, dont il fut le secrétaire général à la tête de l'UMP (devenue LR) de 2002 à 2004. Peu connu du grand public, il fut également membre du cabinet de l'ancien Premier ministre lors de son bref passage au ministère de l'Écologie en 2007, avant de devenir directeur des affaires publiques du groupe nucléaire Areva (2007-2010). Il a été élu député de Seine-Maritime en 2012.

 

"Macron veut faire exploser les partis traditionnels"
"Macron veut faire exploser les partis traditionnels" "Macron veut faire exploser les partis traditionnels"

 

Edouard Philippe a été l'un des porte-parole d'Alain Juppé pendant la primaire de la droite et du centre. Il avait quitté l'équipe de campagne de François Fillon début mars, en raison de la mise en examen annoncée du candidat. Le nouveau locataire de Matignon a déjà franchi par le passé les lignes politiques traditionnelles : il a milité dans sa jeunesse pour le socialiste Michel Rocard et sa ligne sociale-démocrate avant de rejoindre les rangs de la droite.

Selon Mediapart, le nouveau chef du gouvernement aurait refusé de fournir toutes les informations demandées -en l'occurence, la valeur de ses biens immobiliers- par la Haute autorité de la transparence pour la vie publique (HATVP) dans sa déclaration de patrimoine en 2014, ce qui lui aurait valu un blâme. En 2013, il aurait également déjà omis de donner le montant de ses revenus dans sa déclaration d'intérêts et d'activités.

Un appel du pied à la droite

Le portrait d'Edouard Philippe par ARTE Journal :

Édouard Philippe, nouveau premier ministre
Édouard Philippe, nouveau premier ministre Édouard Philippe, nouveau premier ministre Édouard Philippe, nouveau premier ministre

Avec ce choix d'un Républicain modéré, Emmanuel Macron, ancien ministre d'un gouvernement socialiste, confirme sa volonté de dépasser les alliances partisanes. "Il est l'un de ceux qui correspondent très clairement au profil défini... expérience parlementaire, des compétences et des qualités reconnues, à l'évidence, avait déclaré dans la matinée Benjamin Griveaux, porte-parole d'En marche !. Avant d'ajouter : "Je crois qu'ils se connaissent et qu'ils s'apprécient, à la fois pour leur honnêteté intellectuelle et leur rigueur".

Le choix du Premier ministre, chargé de former un gouvernement dans les 48 heures -sa composition devrait être annoncée mercredi, est crucial pour le jeune président, qui doit convaincre de sa capacité à rassembler autour de son projet et se cherche une majorité avant les législatives des 11 et 18 juin. La nomination d'un Premier ministre venu de la droite pourrait ainsi inciter certains, chez Les Républicains, à franchir le pas pour être candidats dans la majorité présidentielle.

Chef de file LR pour les législatives, François Baroin a averti que ceux qui "se rapprochent de Macron" avant le scrutin des 11 et 18 juin seront "exclus" du parti. Mais "je n'ai pas du tout vocation à quitter Les Républicains", expliquait le 3 mai au Figaro le nouveau chef du gouvernement pour qui, à droite, "tout le monde préfère dire 'on fait la tortue jusqu'aux législatives, on a une chance de gagner'".

Un choix déjà critiqué

Jean-Luc Mélenchon a estimé lundi que "la droite vient d'être annexée" avec la nomination d'un Premier ministre LR. Le chef de la France insoumise a demandé aux Français de ne pas "donner les pleins pouvoirs à M. Macron et à son Premier ministre" lors des législatives. 

 

 

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, s'est lui aussi montré acide :

 

 

Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, a "pris acte" lundi de la nomination d'Édouard Philippe (LR) à Matignon, y voyant "une décision individuelle" et non pas "un accord politique". Avant de tweeter :

 

 

 

Dernière màj le 16 mai 2017