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Juan Manuel Santos, la paix à n'importe quel prix

Pays : France

Tags : Juan Manuel Santos, Prix Nobel paix

Le président Juan Manuel Santos a tout fait pour que la Colombie connaisse enfin la paix. Certes, les Colombiens ont rejeté majoritairement par référendum l'accord de paix avec la guérilla des Farc, le jugeant trop favorable pour les guérilleros. Qu'importe, Juan Manuel Santos ne baisse pas les bras : "je continuerai à rechercher la paix jusqu'à la dernière minute de mon mandat parce que c'est le chemin à suivre pour laisser un pays meilleur à nos enfants", déclarait-il encore dimanche après le résultat du scrutin, en arborant à son revers son éternelle petite colombe blanche. Le comité Nobel a choisi de récompenser ses efforts et son obstination.

Juan Manuel Santos : la paix à n'importe quel prix
Juan Manuel Santos : la paix à n'importe quel prix Le comité Nobel a choisi de récompenser le Président colombien pour ses efforts pour la paix. Juan Manuel Santos : la paix à n'importe quel prix

 

Un vrai danger que le processus de paix s'interrompe.

Comité Nobel - 07/10/2016

Les conflits internes ont meurtri le pays pendant plus de 50 ans. Leurs point de départ : une distribution de terres perçues pour beaucoup comme injuste. S’en sont suivis des affrontements entre les autorités gouvernementales, les rebelles de gauche et des paramilitaires d’extrême-droite. Depuis les années 1960, ces conflits ont fait entre 220 000 et 260 000 morts, ainsi que 6.9 millions de déplacés. Beaucoup ont fui dans des bidonvilles, à la périphérie des grandes villes.

Le bureau gouvernemental pour les victimes de la guerre a estimé à plus de 7,6 millions le nombre de personnes touchées de manière directe ou indirecte par les conflits. La Colombie est, avec l’Afghanistan, le pays qui dénombre le plus de victimes par mines terrestres. La vie quotidienne des Colombiens a été dominée pendant de nombreuses années par les batailles, les tortures et les expulsions.

 

Le président colombien ne baisse pas les bras

Cette consultation sur l'accord de paix n'était pas obligatoire."

Christophe Ventura - 03/10/2016

La Colombie entre maintenant dans une zone inconnue, annonce Christophe Ventura, chercheur spécialiste de l'Amérique latine à l'Institut des relations internationales et stratégiques. Si l’accord échoue, les conséquences seront dramatiques pour la Colombie car il n’existe pas d’autres alternatives à la paix que la guerreOr le point positif est que personne ne s'oppose au fait de parvenir à un accord, y compris les défenseurs du non." Le dialogue n’est pas rompu. La consultation, voulue par le Président pour légitimer le projet phare de son mandat "n'avait aucune dimension obligatoire, précise le chercheur. Cela signifie que théoriquement, le gouvernement colombien pourrait très bien choisir d'appliquer l’accord de paix sans tenir compte des résultats du scrutin". Evidemment, le froid jeté par le vote oblige les acteurs impliqués à réagir rapidement. Peu après l’annonce du vote, le chef de la guérilla s'est voulu rassurant : “Les Farc utiliseront les mots pour seule arme pour construire le futur. Le peuple colombien qui rêve de paix peut compter sur nous. La paix triomphera.” Les Farc se disent même prêtes à rectifier l'accord. 

La déclaration des Farc (en espagnol) :

 

De son côté, le Président Juan Manuel Santos a confirmé que le cessez-le-feu né avec l'accord et entré en vigueur le 29 août, ne serait pas remis en question. “Je ne me rendrai pas et continuerai à rechercher la paix”, a-t-il affirmé, invitant toutes les forces politiques du pays à un grand dialogue national pour “décider du chemin à suivre”.

 

Au fil des décennies, le conflit en Colombie a impliqué guérillas d'extrême gauche, paramilitaires d'extrême droite et forces de l'ordre, faisant plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

A consulter aussi, l'émission TED Stories de Square :