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Le monde vu par ARTE Reportage

Pays : Monde

Tags : ARTE Reportage, 500ème

Onze années d’existence, cinq cents numéros diffusés, près de mille quatre cent reportages réalisés : avec cette carte en anamorphose, découvrez dans quels pays les équipes d’ARTE Reportage se sont rendues depuis 2004. En tout, cent cinquante contrées ont été visitées, Etats-Unis, Chine, Russie, Palestine et Afghanistan en tête. 

Naviguez à travers les années à l'aide du menu déroulant et survolez les pays avec votre souris pour connaître le nombre de reportages qui y ont été tournés.

La visualisation de données utilisée se base sur l'anamorphose : l’aire des différents pays du globe est déformée - et les couleurs modifiées - en fonction du nombre de reportages qui y ont été réalisés année après année. Cette carte est propulsée grâce aux bibliothèques JavaScript d3.js, cartogram.js, topojson.js et colorbrewer.js.

500 numéros, 1 400 sujets, 150 pays explorés

En savoir plus...

Découvrez le best-of des reportages tournés au cours de ces onze dernières années.

Depuis janvier 2004, ARTE Reportage poste ses caméras aux quatre coins de la planète. Ancien rédacteur en chef du magazine (c'est désormais Philippe Brachet qui occupe ce poste), Marco Nassivera, aujourd'hui directeur de l’Information de la chaîne, revient sur cette décennie de grand reportage à l’occasion du 500e numéro de l'émission.

Comment ARTE Reportage est-il né ?
Marco Nassivera : En 1997, le 7 ½, une émission diffusée avant le 8 ½ (le JT d'ARTE à l’époque), proposait des sujets longs en rapport avec l’actualité. Il a été remplacé par des reportages quotidiens de 26 minutes, programmés trois semaines sur quatre dans le mois. Fin 2003, le rédacteur en chef est parti, je lui ai succédé, et une nouvelle fenêtre de diffusion s’est présentée. Nous avons alors lancé ARTE Reportage dans sa formule actuelle : un magazine hebdomadaire de 52 minutes tourné en studio et offrant plusieurs sujets.

Quel était votre positionnement ?
Nous voulions combler un manque dans la temporalité de l’information. Entre l’immédiateté de l’actualité quotidienne traitée par le JT et le temps de la réflexion caractéristique des documentaires "Thema" et géopolitiques, il existait une brèche pour le grand reportage d’actualité, qui permet d’apporter un certain recul sur des événements en cours. Depuis deux ans, nous traitons des sujets européens, mais au départ, nous avions choisi de couvrir uniquement l’international. Nous souhaitions parcourir le vaste monde, ouvrir grand les fenêtres dans un contexte de mondialisation où ce qui se passe sur un autre continent a des répercussions chez nous. Enfin, nous avions à cœur de raconter les soubresauts de la planète à hauteur d’hommes, de femmes et d’enfants, en privilégiant le portrait, la séquence, pour rendre tangibles des réalités lointaines. Le format, le positionnement international et l’attachement à l’humain restent les points forts du magazine.

Dans les coulisses d'ARTE Reportage

Comment choisissez-vous les sujets ?
L’actualité, brûlante ou récurrente, nous en dicte une partie, qu’il s’agisse de conflits, de grands rendez-vous internationaux ou de situations de crise qui durent (Israël et la Palestine). Par ailleurs, certaines thématiques nous sont chères : le sort des femmes, des enfants, l’environnement, la démocratie… Nous essayons toujours de trouver des angles originaux et de nous intéresser à un pays avant qu’il ne devienne "à la mode", comme ce fut le cas pour le Darfour. Nous veillons également à suivre des pays, des dossiers, des personnes dans la durée : Haïti, une famille irakienne, la première femme à avoir remporté, dans le nord du Mali, une mairie, aujourd’hui aux mains des djihadistes... En plus du travail de la rédaction franco-allemande du magazine, nous recevons beaucoup de propositions de l’extérieur : autour de deux mille au cours de ma dernière année en tant que rédacteur en chef.

Quels souvenirs gardez-vous de ces onze années de reportages ?
J'en ai beaucoup car nous avons couvert 150 pays et réalisé 1 400 sujets : le reportage inaugural de Manon Loizeau sur une maternité à Grozny, dans la Tchétchénie en guerre, de belles rencontres, à l’instar de ce Béninois qui a bâti une ferme écologique, des succès dans les festivals... Il y a aussi les enlèvements et les arrestations, qui secouent, comme celle, récente, de Thomas Dandois et de Valentine Bourrat en Papouasie. Thomas Dandois, Manon Loizeau, Paul Moreira, Laurent Cibien… : nous avons collaboré avec des journalistes renommés au fil des années, mais ce dont je suis le plus fier, c’est de les avoir fait travailler avant qu’ils ne soient connus. L’idée, c’est aussi d’aider une génération à émerger, pour que les regards se renouvellent. Les moments forts de l’émission feront d’ailleurs l’objet d’une nuit ARTE Reportage, programmée le 24 janvier, qui déroulera le film chronologique des événements majeurs de la décennie à travers des extraits de reportages marquants. Les sujets seront visibles dans leur intégralité sur le web.

Comment voyez-vous l’avenir du magazine ?

Webdocs : ARTE Reportage tisse sa toile

Depuis 2008, pas moins de vingt-et-une créations et expériences pensées pour le web, avec les outils les plus innovants, ont été réalisées.

Il n’y aura pas de révolution sur le fond. L’an prochain, nous traiterons deux sujets par émission, l’un de 26 et l’autre de 24 minutes, et nous abandonnerons les rubriques courtes, afin d'accorder plus de place au grand reportage. Mais les inventions viennent surtout du web. Nous avons été parmi les premiers en Europe à proposer des webdocumentaires. Le premier, en 2008, portait sur la Chine avant les Jeux olympiques de Pékin. Plus récemment, nous avons lancé la série Réfugiés, qui se clôturera prochainement avec le film de Claire Denis au Tchad. Nous préparons actuellement un autre projet bimédia, reposant sur une collaboration entre un journaliste et un auteur de BD. Les dessins réalisés sur le terrain seront intégrés au reportage, mis en ligne sur le web, et enrichis de données. Le premier sujet, conçu par Michael Unger, Elsa Kleinschmager et le dessinateur Bo Soremsky traitera des mines de saphirs à Madagascar. Un projet sur les amoureux devrait également voir le jour en 2015.

Propos recueillis par Manon Dampierre pour ARTE Magazine

Dernière màj le 8 décembre 2016