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Le manga se frotte à l'atome

Pays : Japon

Tags : Shiriagari Kotobuki, Fukushima, Manga, nucléaire

Longtemps considéré comme un simple divertissement, le manga s'affirme dans le domaine artistique comme un moyen d'expression capable de refléter la réalité par la force des émotions. À Kyoto, un musée et une faculté sont consacrés à son étude. Au lendemain de l'accident nucléaire de Fukushima, de nombreux mangakas se sont exprimés.

Si certains utilisent le manga pour adresser un message d'espoir à la société nippone, d'autres s'invitent dans le débat politique et remettent en question la position pronucléaire du gouvernement. Shiriagari Kotobuki en fait partie. Il a été le premier à réagir à la catastrophe, en publiant de courtes histoires dans les journaux. Ses mangas sont aujourd'hui regroupés dans un recueil intitulé "Le manga depuis ce jour-là". 

Le manga se frotte à l'atome

Au fil des pages, le lecteur découvre le traumatisme post-nucléaire, ce que l'auteur a vu sur place au cours de ses voyages humanitaires à Tohoku, et ce qu'il a ressenti. Dans Le village au bord de la mer, il évoque par exemple l'espoir de trouver d'autres sources d'énergie dans les cinquante prochaines années à venir. Sans électricité depuis la catastrophe, les habitants de ce village vivent démunis mais heureux. La découverte d'une nouvelle énergie doit ramener le courant. Certains se réjouissent de retrouver la lumière artificielle. D'autres appréhendent de ne plus apercevoir le scintillement des étoiles la nuit. Avec son style épuré et ses messages cachés, Shiriagari Kotobuki n'a reçu aucune censure de ses éditeurs et ses lecteurs ont bien accueilli ses prises de position. D'autres mangakas n'ont pas eu cette chance. 


C'est le cas de Tetsu Kariya et Akira Hanasaki, attaqués en justice pour avoir ouvertement critiqué les autorités locales proches de Fukushima dans le manga Oishinbo. Quatre ans après la catastrophe, le sujet du nucléaire est toujours tabou au Japon. Le gouvernement fait pression sur la population et demande aux 120 000 réfugiés des régions sinistrées de retourner vivre chez eux en septembre. 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016