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Le Hezbollah en tête des législatives au Liban

Pays : Liban

Tags : élections législatives, Hezbollah, Hariri

Le Liban a tenu dimanche 6 mai 2018 ses premières élections législatives depuis près d’une décennie. Les premiers résultats du scrutin, marqué par une faible participation, annoncent la victoire du Hezbollah, mouvement chiite allié de l’Iran. Depuis 2009, le Parlement libanais avait prorogé à trois reprises son mandat, invoquant les risques sécuritaires liés à la guerre en Syrie.

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Le scrutin a enregistré un faible taux de participation de 49,2%, malgré 800 000 nouveaux électeurs. En cause, la nouvelle loi électorale et les bulletins de vote pré-imprimés qui semblent avoir dérouté les électeurs, mais aussi la désillusion des Libanais qui n'ont, pour beaucoup, plus confiance dans un système politique oligarchique et gangréné par la corruption. 

 

Le Hezbollah en tête

Les premières tendances de l’élection législative libanaise annoncent la victoire du Hezbollah quasiment partout où il était présent. Le mouvement chiite devrait pouvoir forger avec ses alliés une majorité en sa faveur. Le partage du pouvoir au Liban entre les différentes communautés religieuses empêche la suprématie d’une seule communauté dans l’hémicycle et oblige les partis à former une coalition pour gouverner.

Ces résultats surviennent dans un contexte de fortes tensions régionales autour du rôle de l’Iran,  principal parrain du Hezbollah. Créé au début des années 1980, le Hezbollah est actuellement impliqué militairement en Syrie, aux côtés de Bachar al-Assad, ainsi qu'au Yémen et en Irak. Il est également considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et cinq de ses membres ont été accusés en 2005 de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.

 
Le parti du Premier ministre Hariri perdant

Le Premier ministre Saad Hariri et son parti politique, le Courant du Futur, figurent parmi les perdants de ces législatives. Ce courant, soutenu par l’Arabie Saoudite - la grande rivale régionale de l'Iran - devrait perdre quelques sièges même si la reconduction de Saad Hariri au poste de chef du gouvernement n’est pas menacée.

En parallèle, le parti chrétien du président Michel Aoun, jusqu'ici allié du Hezbollah, devrait pouvoir jouer le rôle d’arbitre auquel il prétend, au côté des "non-alignés". "Le Hezbollah bénéficiera de ce fait de l’absence d’une large coalition" face à lui, explique le politologue Imad Salamey à l’AFP.

 

La percée de la société civile

Malgré une nouvelle loi électorale adoptée en 2017 et instaurant un scrutin proportionnel, les grands équilibres politiques du pays ont peu évolué. Ce nouveau système a cependant permis l’émergence de candidats de la société civile. La coalition Koullouna Watani, appelant les électeurs à se mobiliser contre l’establishment politique traditionnel gangrené par la corruption, devrait ainsi faire son entrée au Parlement. Deux femmes, la journaliste de télévision Paula Yacoubian et l’auteure Joumana Haddad devraient remporter deux sièges.

Dernière màj le 7 mai 2018