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Le gouvernement, ça Valls

Pays : France

Tags : François Hollande, Manuel Valls, Gouvernement

Rien n’allait plus très bien dans le gouvernement Valls et il a suffi d'un nouveau coup d'éclat du ministre Montebourg pour que la rupture soit définitivement consommée. François Hollande a chargé Manuel Valls de remanier son gouvernement, le troisième depuis l’élection présidentielle de mai 2012. Les nouveaux portefeuilles seront officiellement attribués mardi, sans doute à des ministres un peu moins frondeurs.

C’est  Arnaud Montebourg qui a définitivement fait déborder le vase ce week-end. Encore officiellement ministre de l’Economie, jusqu’à aujourd'hui, il a par deux fois remis en question la politique économique du gouvernement.  D’abord dans un entretien publié dans le journal Le Monde ce week-end, puis dimanche lors d’un discours donné à Frangy-en Bresse, son fief électoral. A demi-mots  Arnaud Montebourg  explique que  le président Hollande et son Premier ministre font  fausse route avec  les mesures d’austérité et plaide pour un changement de politique. Le ministre n’a jamais eu la langue dans sa poche et s'est rarement gardé de critiquer le gouvernement auquel il appartient. Cette fois, il a bien été entendu mais c'en était trop. Trop de voix discordantes dans ce gouvernement. Dès lundi matin, Manuel Valls était à l’Elysée en conciliabule avec le président de la République pour discuter d'une refonte gouvernementale.

 

Le Parti socialiste, dont est issu tout l'exécutif, a fait savoir qu'il espérait un gouvernement de ''cohésion''. Entendre, une équipe en rang serré derrière Manuel Valls, l'inébranlable pilier de François Hollande, surnommé par certains le ''vice-président''.

 

Toute la journée durant, le Premier ministre a reçu les membres de son équipe démissionnaire, y compris les fortes têtes Arnaud de Montebourg, Benoît Hamon, ministre de l'Education nationale, la Garde des Sceaux Christiane Taubira et la ministre de la Culture Aurélie Filipetti. Depuis leur entrée au gouvernement en mars dernier, tous ont eu maille à partir avec le chef d'équipe, laissant poindre une aile gauche contestataire, de plus en plus en désaccord avec la politique présidentielle. En l'espace de cinq mois, les couacs se sont multipliés, notamment avec Arnaud Montebourg dont la stratégie consistait à ''combattre'' de l'intérieur. Sa tactique risque bien de lui coûter son poste et de le pousser plus loin encore dans la fronde anti-Hollande, dégagé de toute réserve ministérielle. Elle risque aussi de mettre encore un peu plus au jour les dissensions qui minent la majorité. 

 

Lors d'une conférence de presse donnée lundi après-midi, le ministre sortant, visiblement peu ébranlé par sa probable éviction et la crise politique en cours, a d'ailleurs laissé entendre qu'il allait sans doute retrouver sa ''liberté''. Il n'est en rien revenu sur ses propos, convaincu d'avoir depuis qu'il travaille au côté de François Hollande fait preuve de ''loyauté envers les Français'' en alertant les chefs de l'exécutif sur ''une politique absurde et inefficace''. Arnaud Montebourg est allé jusqu'à évoquer la ''mise en risque'' de la République. Bravache, jusqu'au bout.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016