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Le G7 se poursuit, à l'ombre de la Russie

Pays : Union européenne, France, Allemagne, Russie, États-Unis

Tags : G8, G7, bruxelles, Diplomatie

Les chefs d'États du G7 ont affirmé hier la possibilité de renforcer les sanctions envers la Russie, qui est au cœur de ce sommet dont elle a été exclue. Pendant ce temps, Vladimir Poutine réagit à distance, à cette réunion express, qui n’empêchera pas les participants de croiser la route du président russe, pour les commémorations du Débarquement en Normandie.

Les dirigeants des sept plus grandes puissances économiques mondiales (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada) se retrouvent à Bruxelles pour un sommet autant diplomatique qu’économique. Dans une déclaration commune remise à l'issue du dîner de mercredi les chefs d'État ont indiqué qu'ils étaient "prêts à intensifier les sanctions" sur la Russie si la situation ukrainienne devait perdurer. La bonne tenue de l'élection ukrainienne le 25 mai a cependant été saluée. 

 

"Nous sommes prêts à intensifier les sanctions ciblées et à mettre en œuvre d'importantes nouvelles mesures restrictives pour faire payer un coût supplémentaire à la Russie si les événements le requéraient.

Déclaration commune du G7

La réunion se tient dans la capitale belge, et non à Sotchi comme initialement prévu, suite à l’exclusion temporaire de la Russie. Cette décision avait été prise en représailles à l’annexion de la Crimée, actée le 25 mars dernier à l’issue d’un sommet exceptionnel à La Haye. La tenue d’un G7 est une première depuis 1997, date à laquelle la fédération russe a rejoint le "Groupe des sept", aujourd’hui reconstitué.

 

 

Un sommet-express

 

La question des sanctions contre la Russie, ainsi que l'approvisionnement en gaz de l'Union européenne a été abordée d’emblée lors du dîner d'ouverture mercredi. Ce ne sont pas moins de sept zones de conflit qui ont été abordées lors de cette soirée. Jeudi, trois conférences de travail sont programmées: la première sur l'économie mondiale et le commerce, puis l'autre sur l'énergie et le climat, avant un déjeuner de clôture consacré au développement et à l'Afrique. Des réunions d’à peine deux heures où il sera difficile d’être exhaustif.

 

Poutine réagit

 

Les pays du G7 espèrent de leur côté, s’accorder sur quelques solutions pour retrouver un peu de prospérité économique, alors que leur croissance stagne, notamment en France et en Italie. Aux États-Unis, le premier trimestre de 2014 a aussi été décevant, avec une contraction de 0,2% du PIB, une première depuis trois ans. Difficile de rouler des mécaniques dans ce contexte.

 

L’exclusion russe paraît un peu vaine à l’heure où le G20 prend de plus en plus d’importance depuis 2008, notamment en termes de régulation financière. Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov a d’ailleurs indiqué que le format du G8 "n'existe actuellement pas, il ne peut donc faire l'objet de discussions", au sujet d’un éventuel retour de son pays. Dans le même temps, il n’a pas manqué de souligner que la Russie poursuivrait sa participation aux travaux du G20. Dans une inteview donnée à Europe 1 et TF1 le dirigeant russe a mis en cause la responsabilité occidentale dans la crise ukrainienne et rappelé les mensonges américains sur les armes de destruction massive en Irak.

 

Bien que la Russie soit sur la touche cette année, les dirigeants occidentaux auront l’occasion de croiser Vladimir Poutine dès le lendemain, lors des cérémonies de commémoration du Débarquement en Normandie. Le prochain sommet du G7, ou du G8 si la Russie est réintégrée d’ici là, se déroulera en Allemagne, qui assurera la présidence tournante. Le tour de la France est prévu pour 2019.

Dernière màj le 8 décembre 2016