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Le e-Tour de la semaine 13

Pays : Espagne, Royaume-Uni

Tags : Élections européennes 2014, Lutte contre l'abstention, Indépendance de l'Écosse, Billet de 500 euros

Chaque semaine, les correspondants de VOX POP nous parlent d'un évènement qui a fait la une des journaux de leur pays. Cette semaine, direction Bruxelles, l'Espagne et l'Écosse...

BRUXELLES - Quand les eurodéputés se mettent au hip-hop

 

E-Tour n° 13 - Bruxelles
  • L'événement « Battle for your vote ». © EU40

Comment intéresser les jeunes aux élections européennes ? Voilà qui fait figure de véritable casse-tête pour Bruxelles, alors que plusieurs sondages prédisent une abstention record lors du scrutin du 25 mai. Mais le réseau des eurodéputés de moins de 40 ans, EU40, est prêt à tout pour séduire la génération MTV. Leur dernière idée en date ? Faire s'affronter des eurodéputés au cours d'un duel de hip-hop.

« Je pensais que c'était un poisson d'avril périmé. Mais en fait non »,  a commenté d'emblée le journaliste européen Jean-Sébastien Levebvre sur Twitter.

Ainsi, le 9 avril, au Parlement européen à Bruxelles, les élus des groupes conservateurs, socialistes, libéraux et verts se sont opposés par l'intermédiaire d'une flopée d'artistes de hip-hop, devant un public de quelques centaines de personnes. Le tout, retransmis en direct par les caméras de… MTV Voices.

Les députés devaient briefer les artistes hip-hop sur des thèmes de campagne suggérés par des ONG. Aux rappeurs ensuite de convaincre le public. Le duel a ainsi vu s'opposer les Verts au PPE (centre-droit) sur le thème de l'ouverture des frontières extérieures de l'Union. Quant aux libéraux de la ALDE, ils ont remporté à l'applaudimètre une « battle » sur le thème de l'innovation technologique face aux socialistes (S&D). Ce sont les mêmes libéraux qui ont remporté le duel final sur un thème de circonstance : le chômage des jeunes.

Pas sûr que cela suffise à aiguiser l'intérêt des jeunes Européens aux enjeux des élections européennes. En mars, la League of the Young Voters, un mouvement citoyen paneuropéen, s'était déjà fendu d'un clip de campagne sur une bande original de Pharell Williams, façon lip-dub, pour exhorter les jeunes à voter.

 

Une forme de communication dans l'air du temps, dont l'agence Old Continent n'a pas manqué de prendre le contrepied, dans une parodie intitulée « We are not sexy and we know it ».

 

 

 

ESPAGNE - Faut-il supprimer les billets de 500 euros ?
E-Tour n° 13 - Espagne
  • Le billet de 500 €, l'une des plus grosses coupures au monde. © Dominique Lenoir/Flickr

Les Espagnols l'ont surnommé le « Ben Laden » parce qu'à l'instar du chef de file d'Al-Qaïda, tout le monde sait à quoi il ressemble mais personne ne l'a jamais vu. Le billet de 500 € ne court pas les rues. Rares sont les Européens qui en ont déjà tenu un entre leurs mains. Pourtant les billets mauves représenteraient actuellement un tiers des euros en circulation. Plus grosse coupure au monde avec celui de 1 000 francs suisses, le « 500 euros », qui permet de transporter de grosses sommes en petit volume, est plus que jamais lié au crime organisé et à la fraude fiscale. Dès lors, pourquoi conserver pareille coupure ?

Le sujet fait débat en Espagne, où près d'un quart des réserves de ces billets circule, essentiellement dans l'économie souterraine. « Avons-nous vraiment besoin de billets de 500 euros ? Les experts en doutent, car s'ils sont utilisés dans diverses fraudes, ils ne le sont pas dans l'économie réelle » avançait, le 7 avril, le quotidien La Vanguardia. Dans la péninsule ibérique plusieurs voix s'élèvent depuis peu pour demander le retrait du billet mauve, comme l'a déjà fait le Royaume-Uni.
Depuis 2010, les bureaux de change britanniques ont en effet cessé de distribuer des billets de 500 euros après qu'une enquête ait démontré que 90 % de ces coupures étaient aux mains d'organisations criminelles.
Mais en Espagne, la suppression du billet mauve n'est pas encore pour demain. Comme le rapporte le quotidien El Pais, le 8 avril la chambre basse du Parlement espagnol a rejeté une proposition de loi déposée par la Gauche plurielle demandant le retrait du « Ben Laden ». Pour Pilar Marcos, députée du Partido Popular (droite conservatrice), qui a voté contre la proposition de loi, « une telle mesure est la compétence exclusive de la Banque centrale européenne. » En décembre, les eurodéputés ont demandé à la Commission européenne et à la BCE de justifier l'existence de ces billets ou de les supprimer. En vain pour l'instant.

 

 

ROYAUME-UNI - L'Écosse bientôt indépendante ?
E-Tour n° 13 - Royaume-Uni
  • Alex Salmond, Premier ministre écossais et fervent indépendantiste. © Wikimedia

« Est-ce que l'Écosse doit être un pays indépendant ? » C'est la question à laquelle devront répondre les Écossais, le 18 septembre prochain, lors d'un référendum historique. Au sein de cette nation, unie à l'Angleterre depuis 1707, les partisans de l'indépendance, bien que toujours minoritaires, sont en nette progression. Avant l'hiver, les sondages donnaient encore vingt points de retard au oui à l'indépendance face au non. Mais l'écart s'est récemment réduit à environ dix points. L'éventualité d'une indépendance écossaise n'est plus à exclure.
C'est ce qu'à compris Alex Slamond, le Premier ministre écossais et dirigeant du Parti national écossais (SNP) qui mène une campagne active en faveur de l'indépendance. Le 12 avril dernier, il a ainsi lancé à Aberdeen un appel aux électeurs écossais de gauche et aux femmes, catégories parmi les plus sceptiques sur le sujet de l'indépendance. Il a exhorté le millier de partisans rassemblés à embrasser sa vision d'« une Ecosse aux mains des Ecossais ». Il a également promis de former une « Team Scotland » qui, en cas de victoire du oui, négocierait, au-delà des clivages politiques, les conditions de l'indépendance d'ici le 24 mars 2016. Alex Salmond se présente là en rassembleur et tente de cajoler son électorat : il plaide pour une Ecosse indépendante mais qui n'installerait pas de frontières avec l'Angleterre, garderait l'usage de la livre sterling, et dans laquelle la Reine resterait chef de l'État. Cette autodétermination sans rupture radicale avec Londres a su convaincre bon nombre d'Ecossais, et notamment les classes populaires. En revanche, les entreprises et les classes moyennes sont, quant à elles, beaucoup plus réticentes. Agitant le chiffon rouge, les unionistes pointent les « conséquences désastreuses » du oui » au référendum : perte de la livre sterling, sortie du Commonwealth et de l'Union européenne, hausse attendue des prix de l'énergie, départs massifs d'entreprises… Depuis Bruxelles, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso est également intervenu dans le débat estimant que l'intégration d'une Ecosse indépendante dans l'Union européenne serait un processus « extrêmement difficile, voire impossible. »  

 

Manuel Vicuña

 

Dernière màj le 8 décembre 2016