Chaque semaine, les correspondants de VOX POP nous parlent d'un évènement qui a fait la une des journaux de leur pays. Cette semaine, direction l'Autriche, le Luxembourg, l'Irlande et Bruxelles...

AUTRICHE ET LUXEMBOURG – La fin du secret bancaire ?
E-Tour n° 11 - Autriche
  • La ville de Luxembourg. © Halans

Le jeudi 20 mars a marqué la fin d’une ère : l’Autriche et le Luxembourg ont en effet accepté de ratifier la directive Épargne qui implique que toute information bancaire est systématiquement partagée avec tous les pays de l’Union européenne. En somme, le secret bancaire en Europe, c’est terminé.
Comme nous l’avait expliqué Algirdas Semeta, commissaire européen à l’union douanière, dans l’émission VOX POP diffusée le 2 mars, l’Autriche et le Luxembourg étaient les deux derniers pays à s’opposer à une union bancaire. Désormais plus rien ne s’oppose à une lutte réelle contre l’évasion fiscale. Un changement qui a été salué par nombre d’ONG.
« Nous avons obtenu des garanties. Nous sommes donc désormais d'accord avec le texte de la directive Épargne modifiée » a déclaré Xavier Bettel, le Premier ministre luxembourgeois. Les garanties en question font allusion à la Suisse. En effet, l’Autriche et le Luxembourg refusaient de se plier aux demandes européennes si, de son côté, la Suisse pouvait préserver le secret bancaire sans être inquiétée.
La Commission européenne s’est donc engagée à effectuer des pressions sur la Suisse pour obtenir un accord similaire sur le partage des informations, les États-Unis étant d’ores et déjà parvenus à obtenir de la Suisse la levée du secret bancaire pour les citoyens américains.
L’évasion fiscale représente un manque à gagner de 1 000 milliards d’euros pour l’Union européenne, selon le président du Conseil européen Hermann Von Rompuy, alors que la dette européenne s’élève à un peu plus de 11 000 milliards d’euros.

 

 

 

IRLANDE - La police des polices sous écoute
E-Tour n° 11 - Irlande
  • Alan Shatter. © MerrionStreet.ie

Les scandales d’écoute ne concernent décidément pas que la France. Alors que dans l’Hexagone l’ancien président Nicolas Sarkozy – écouté par des juges dans le cadre d’une enquête sur les financements de sa campagne – se sent victime d’un système digne de la Stasi, le gouvernement irlandais est aux prises avec son propre scandale d’écoutes.
Tout a commencé en février 2014, lorsque l’édition irlandaise du Sunday Times a révélé que l’an passé le Garda Siochana Ombudsman Commission (GSOC), l’équivalent irlandais de l’Inspection générale de la police nationale, la police des polices, avait été mis sur écoute.
Le matériel d’écoute particulièrement sophistiqué était comparable à celui utilisé par les gouvernements. Le Sunday Times établissait un lien entre ces écoutes et l’affaire Kieran Boylan, un baron de la drogue que la police irlandaise avait protégé.
Les révélations s’enchaînant, les Irlandais ont découvert que les commissariats de police étaient massivement écoutés.  Le chef de la police Martin Callinan s’est ainsi vu forcé de démissionner mais le scandale a aussi mis le gouvernement irlandais sur la sellette.
Au cœur de l’affaire, Alan Shatter, le ministre de la Justice, qui supervise à la fois la police et le GSOC. Certains au sein de l’opposition demandent déjà sa démission alors qu’il demeure évasif sur de nombreux points. Quand Shatter a-t-il été mis au courant de ces écoutes ? Le ministre évoque avoir eu « des informations sur des écoutes » mais précise que le rapport de Martin Callinan élucidant la nature des écoutes massives dans tous les commissariats ne lui serait parvenu que le lundi 26 mars. Une commission d’enquête réclamée par l’opposition est désormais ouverte pour comprendre quel rôle Shatter a pu jouer dans cette affaire.
Une affaire qui donnera certainement un sentiment de déjà-vu à certains ministres français.

 

BRUXELLES – Schulz, Verhofstadt, Bové, Tsipras ou Juncker ? À vous de choisir…
E-Tour n° 11 - Bruxelles
  • Martin Schulz. © Matthias Groote

L’Europe veut en finir avec son image d’institution peu transparente et anti-démocratique.  Alors, pour les prochaines élections européennes vous voterez  désormais indirectement pour le président de la Commission. Jusqu’à présent, le président de la Commission européenne était désigné à l’issu de conciliabules opaques. Désormais et grâce au traité de Lisbonne, chaque parti désigne une tête de liste pour laquelle vous pouvez voter.
Ainsi, les sociaux démocrates ont proposé Martin Schulz (à retrouver dans le cadre jaune de VOX POP spécial Élections européennes, diffusé le 13 avril 2014) ; les libéraux, Guy Verhofstadt (ancien premier ministre belge) ; les conservateurs, Jean-Claude Juncker (ancien Premier ministre luxembourgeois) ; la gauche européenne, Alexis Tsipras (leader du mouvement grec Syriza) ; enfin, Europe Ecologie-Les Verts proposent deux candidats, le Français José Bové et l’Allemande Ska Keller.
Concrètement cela signifie que si vous décidez de voter pour la liste des libéraux, vous votez indirectement pour Guy Verhofstadt.
Principal inconvénient de ce système, que pointe l’hebdomadaire anglais The Economist, il favorise les candidats des pays qui pèsent lourd dans l’Union. Ainsi c’est sans surprise que l’on retrouve un candidat allemand, un Belge et un Luxembourgeois germanophone. Ce système favorise par extension le choix de candidats âgés et depuis longtemps implantés dans les rouages de l’administration européenne.
Le choix des candidats laisse en effet peu de place au débat. Ainsi, le parti social démocrate anglais The Labour a-t-il refusé de soutenir la candidature de Martin Schulz jugé trop fédéraliste pour une Grande-Bretagne qui peine à se sentir européenne. Néanmoins, le Labour à lui seul ne peut présenter un autre candidat.

Cette tentative de reconquête du grand public fonctionnera-t-elle ? Réponse le 25 mai avec les taux de participation.

 

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016