Le e-Tour de la semaine 07

Pays : Estonie, Espagne, Royaume-Uni

Tags : Alba Gonzalez Camacho, Loba Roja, Andrus Ansip, Siim Kallas, Etudiants, Roumains, Bulgares

Chaque semaine, les correspondants de VOX POP nous parlent d'un évènement qui a fait la une des journaux de leur pays. Cette semaine, direction l'Espagne, l'Estonie et le Royaume-Uni.

 

ESPAGNE – Un an de prison avec sursis pour la "Louve Rouge"
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  • Alba González Camacho. Photo d’@albacorazonegro via Twitter.

Être condamné pour un tweet ! On associe généralement ce genre de scénario aux régimes autocratiques. Pourtant c’est bien en Espagne qu’Alba González Camacho a été condamnée à un an de prison avec sursis ce mois-ci pour « incitation au terrorisme » suite à deux tweets qui ont créé la controverse. 

En juin 2012, González Camacho avait posté un tweet déclarant « Avec le Parti populaire on voit bien que le Grapo est indispensable », le Grapo étant un groupuscule d’extrême gauche, auteur de plusieurs attentats commis dans les années 1970, qui ont causé la mort de 87 personnes.

D’autres tweets avaient suivi : l’un où elle promettait de se faire tatouer le visage de celui qui assassinerait le Premier ministre Mariano Rajoy et le ministre de l’économie Luis de Guindo ; un autre où elle comparait le ministre de la justice Alberto Ruiz-Gallardón à un nazi.

Celle qui se fait appeler sur Twitter Loba Roja (la « Louve rouge ») a refusé de s’exprimer dans les médias, mais dans un courriel adressé au New York Times elle écrit : « Je n’ai jamais pu imaginer que quelque chose de la sorte puisse m’arriver parce qu’on trouve tellement d’inepties sur Internet, et certaines pires que les miennes. »

Les « inepties » de la Louve rouge ont en tous cas permis au gouvernement espagnol de montrer qu’il ferait preuve de la plus grande fermeté à l’égard des militants du web. Cette condamnation arrive en effet dans un contexte particulier. En effet, le gouvernement a présenté en novembre 2013 un projet de loi qui criminalise l’usage de l’Internet dans l’organisation de rassemblements violents, un projet fortement critiqué par les défenseurs de la liberté d’expression.

 

ESTONIE - Démission du gouvernement, Siim Kallas donné Premier ministre
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  • Siim Kallas. Photo de eos_eventpics/ CC BY-NC-ND 2.0

Le Premier ministre estonien Andrus Ansip a annoncé sa démission le 23 février. A. Ansip, est celui qui a occupé ce poste le plus longtemps (il est arrivé au pouvoir en 2005) et même s’il avait prévenu dès 2012 qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat, l’annonce de sa démission un an avant les élections de 2015 laisse deviner un constat d’échec. A. Ansip a en effet perdu en popularité, et les sondages de l’institut EMOR en vue des prochaines élections révèlent que la gauche est donnée largement favorite.
Siim Kallas, l’actuel commissaire européen aux Transports, est d’ores et déjà annoncé pour remplacer Ansip, ce dernier pouvant souhaiter devenir lui-même commissaire européen.
Siim Kallas est prêt à reprendre le gouvernement en main, avec en ligne de mire la présidence estonienne de l’Union européenne en 2018. Il a  déjà tout un programme : prouver que les pays Baltes « ne comptent pas pour des prunes », quitte à prendre un peu tout le monde de haut. Dans une lettre adressée à son parti et publiée par le quotidien estonien Postimees, il a en effet déclaré : « L’objectif qui me motive personnellement c’est la présidence de l’Union européenne en 2018. Au-delà du millier de rencontres qui seront organisées, c’est l’occasion de montrer à la soi-disant vieille garde de l’Europe que, comparés à elle, nous sommes bien meilleurs. »
À bon entendeur…

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À noter : Siim Kallas sera l’invité des « Trois questions à… » de John-Paul Lepers dans VOX POP le 30 mars. Dans le cadre jaune, il vous parlera privatisation des voies ferrées.  

 

ROYAUME-UNI – Les étudiants roumains et bulgares demandent des comptes à Londres
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  • Photo de Terry  Freedman/ CC BY-NC-ND 2.0

Sept mille cinq cents étudiants bulgares et roumains se sont vus retirer leurs bourses et leurs allocations d’étudiants au Royaume-Uni en novembre dernier. Certains se sont même vus réclamer des remboursements sous dix jours s’ils ne pouvaient pas prouver qu’ils résidaient au Royaume-Uni depuis au moins trois ans. Un groupe d’une vingtaine d’étudiants envisage désormais une action en justice.

Le gouvernement peine à expliquer officiellement la raison de ce désistement brutal. Un représentant du département des Affaires, de l’Innovation et du Savoir-Faire a simplement déclaré : « Nous avons identifié une augmentation du nombre d’étudiants bulgares et roumains qui réclament des bourses complètes en Angleterre cette année. Nous avons demandé à chacun de ces étudiants de fournir davantage d’informations pour appuyer leurs demandes d’allocations avant que d’autres fonds publics ne soient mobilisés pour eux ou pour leurs écoles. »

Certains étudiants qui ont d’ores et déjà fourni tous les documents nécessaires n’ont pourtant toujours pas vu leurs allocations revenir, et ceux depuis maintenant trois mois.

Au Royaume-Uni, tous devinent ce qui se cache derrière ce blocage des fonds. Dans un climat d’euroscepticisme et de méfiance à l’égard des immigrés en provenance de Roumanie et de Bulgarie, les discours de l’extrême droite font mouche, et le gouvernement Cameron veut montrer qu’il est capable de répondre à ces inquiétudes.

Dans une lettre adressée à Viviane Reding, la commissaire européenne à la Justice, et à Androulla Vassiliou, la commissaire européenne à l’Éducation, le gouvernement roumain a réclamé une clarification afin de s’assurer que cette mesure s'inscrit bien dans le respect du droit européen.

De leur côté, les étudiants ont d’ores et déjà engagé un avocat. Celui-ci compte bien obtenir des dommages et intérêts pour ces étudiants qu’il estime discriminés à des fins de récupération politique.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016