Le e-Tour de la semaine 06

Pays : France, Lituanie, Royaume-Uni

Tags : E-Tour, Ecosse, indépendance, Référendum en Lituanie, vox pop, OGM, agriculture

Chaque semaine, les correspondants de VOX POP nous parlent d'un évènement qui a fait la une des journaux de leur pays. Cette semaine, direction l'Écosse, la France et la Lituanie...

ÉCOSSE - Barroso n’encourage pas l’Écosse à devenir indépendante

En septembre 2014, les Écossais devront décider s’ils souhaitent ou non devenir un État indépendant. Interviewé cette semaine par la BBC,  José Manuel Barroso a laissé entendre son peu d’enthousiasme pour cette éventualité.

Si l’Écosse devient un pays indépendant, un nouveau pays, elle devra déposer une candidature pour rentrer dans l’Union européenne comme n’importe quel autre pays.

Source BBC - 16/02/2014

« Si l’Écosse devient un pays indépendant, un nouveau pays, elle devra déposer une candidature pour rentrer dans l’Union européenne comme n’importe quel autre pays » a-t-il déclaré. Et, toujours selon lui, rien ne laisse à penser que ce serait une mince affaire. Il a rappelé que le nouveau pays doit obtenir l’approbation de tous les pays membres, et a déclaré que l’Espagne – elle-même confrontée à ses propres mouvements régionalistes –  ne voudrait pas d’un « pays indépendantiste ». Barroso est allé plus loin en comparant l’Écosse au Kossovo. L’Espagne avait en effet refusé de reconnaître l’existence même du Kossovo comme pays indépendant.
Les réactions des Écossais, offusqués, ont fusé, y compris sur le plateau de la BBC où John Swinney, secrétaire d’État à la Finance, l’Emploi et le Développement durable du gouvernement écossais et ex-leader du Parti nationaliste écossais (centre gauche), s’est étonné que le président de la commission européenne puisse faire des pronostics sur le véto d’un pays.
 Selon John Palmer, ancien correspondant à Bruxelles du quotidien anglais The Guardian et ancien directeur politique du think-tank  European Policy Centre, ces attaques maladroites ne sont pas le reflet d’un risque réel pour l’Écosse, mais une simple prise de position de José Manuel Barroso en faveur de David Cameron. Ce dernier a lui-même tenté de dissuader les Écossais de choisir leur indépendance en agitant la menace d’un refus européen d’une candidature écossaise.     
Afin de rassurer les Écossais, Palmer et Swinney citent ainsi bien volontiers le ministre des Affaires étrangères espagnol, José Manuel Garcia-Margallo, qui a déclaré que l’Espagne n’aurait rien à redire à l’indépendance écossaise si celle-ci était obtenue démocratiquement.
Quant aux vingt-sept autres pays, il y a fort à parier que l’arrivée d’un nouveau pays riche en pétrole n’aurait rien pour leur déplaire.

 

 

LITUANIE - la peur des investisseurs étrangers

Les étrangers pourront-ils un jour investir dans le foncier en Lituanie ? En rejoignant l’Union européenne en 2004, les Lituaniens s’étaient engagés à mettre progressivement fin à l’interdiction de vendre des terrains aux étrangers. Mais un référendum pourrait remettre en cause cette promesse.
L’Union nationaliste lituanienne et l'Union des verts et des paysans ont collecté les signatures d’un dixième de la population, condition nécessaire pour pouvoir organiser ce référendum, et si le taux de participation est d’au moins 50 % le gouvernement sera forcé de se plier à la décision.
Les prix du foncier étant très bas en Lituanie, certains Lituaniens craignent en effet une arrivée massive d’investisseurs étrangers si l’interdiction devait prendre fin. Cette arrivée massive entraînerait selon eux une envolée des prix qui rendrait les terrains inaccessible aux Lituaniens. Traumas de l’ère soviétique obligent, cette crainte d’une augmentation des prix vient s’ajouter à un sentiment historique de méfiance envers ceux qui pourraient les déposséder de leur terre.  
Prolonger l’interdiction ne serait pourtant pas une décision anodine puisqu’elle placerait la Lituanie dans une situation délicate vis-à-vis de l’Union européenne qui pourrait alors imposer des sanctions.

 

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Dalia Grybauskaitė © World Economic Forum/CC BY-NC-SA 2.0

Pour la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, opposée au référendum, voter en faveur de l’interdiction reviendrait à voter contre la participation de la Lituanie à l’Union européenne.

 
FRANCE - La France peut-elle contrer la politique pro-OGM de l'UE ?

La semaine dernière, nous vous parlions de Karl Heinz-Bablok, l’apiculteur allemand qui s’était battu contre les OGM Mon810 de Monsanto. Cette semaine, le Mon810 est revenu en force dans l’actualité française avec la tentative d’un sénateur socialiste de réguler les cultures OGM en France.
L’Union européenne vient en effet d’autoriser l’utilisation d’un second OGM, le Pioneer TC1507. C’est dans ce contexte de méfiance à l’égard de Bruxelles que le sénateur aveyronnais Alain Fauconnier a proposé un texte de loi interdisant l’utilisation de tout OGM en France. « Une majorité d’États étaient contre l’autorisation de culture du maïs OGM TC1507 […] Cette décision est anti-démocratique et contribue au sentiment de rejet de l’Union européenne » estime Alain Fauconnier, interviewé par Vox Pop. Dix-neuf États étaient en effet opposés à l’autorisation, quatre se sont abstenus et seulement cinq États étaient en faveur de l’autorisation. À cinquante voix près, la majorité qualifiée n’a pourtant pas été atteinte pour empêcher l’autorisation de l’OGM.
Mais le 17 février, le sénat a adopté la motion d’irrecevabilité proposée par le sénateur UMP Jean Bizet contre la proposition de loi de Fauconnier. La motion suggérait en effet que la France ne pouvait prendre des décisions allant à l’encontre de l’Union européenne.
L’État français pourrait-il pourtant s’opposer à cette décision européenne contre vents et marées ? Malgré son échec au sénat, Alain Fauconnier voudrait faire jurisprudence.  Le 25 février, son texte a été adopté par la Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire, il sera donc présenté à l’Assemblée nationale. Pour A. Fauconnier, cette loi aurait un poids symbolique pour soutenir le gouvernement français devant les instances européennes. Il compte en effet sur le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, pour convaincre l’Union que cette décision devrait revenir aux États et non à l’Europe.

 

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016