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Le Corbusier, un architecte entre ombre et lumière

Pays : France

Tags : Le Corbusier, Architecure, Fascisme

Pour le 50e anniversaire de la mort de l'architecte français Le Corbusier, Le Centre Pompidou célèbre, du 29 avril au 3 août, l'un des grands fondateurs de l'architecture moderne.

A voir sur ARTE :

"Le siècle de Le Corbusier", mercredi 13 mai à 23h30 sur ARTE
Un documentaire ingénieux construit à base d'archive, qui laisse libre cours à la pensée de l'architecte visionnaire.  

L'exposition propose de relire l'œuvre au travers de la mesure du corps humain, s'imposant pour Le Corbusier comme un principe universel. Cette "mesure de l'homme" contribue à définir toutes les dimensions de l'architecture et de la composition spatiale. Au même moment, deux essais brossent un portrait sombre du Corbusier, en enquêtant sur ses liens avec des groupuscules fascistes dans les années 30, sur son antisémitisme et sur sa présence à Vichy pendant l'occupation : "Un Corbusier" de François Chaslin (Le Seuil), et de "Le Corbusier, un fascisme français" de Xavier de Jarcy (Albin Michel).

Le Corbusier : un architecte entre ombre et lumière
Empreintes du Modulor © F.L.C. / ADAGP, Paris, 2015

Le "Modulor", silhouette d'un homme d'un mètre quatre vingt trois – ici imprimée dans le béton – est utilisée par Le Corbusier pour construire des proportions architecturales harmonieuses. Il s’imposera comme un système normatif pour de très nombreux architectes. L’exposition du Centre Pompidou place le "Modulor" au centre de la conception du corps chez Le Corbusier. Un corps humain qui définit le bon rythme, la bonne proportion architecturale. Pour l'essayiste Xavier de Jarcy, le Modulor est "un homme bras levé, à petite tête et gros biceps… Un fasciste saluant à la romaine… Un homme de série pour un urbanisme de série" dans "Le Corbusier un fascisme français" (Albin Michel)

 

 

Corbusier 1

Le Corbusier et Pierre Jeanneret. Trois élévations de Paris, au Moyen âge, en 1925 et après application du plan Voisin, 1925. © F.L.C. / ADAGP, Paris, 2015

Le Plan Voisin pour Paris est présenté par Le Corbusier en 1925. Il prévoit la destruction d'une grande partie du centre historique de Paris et la construction de tours. Des tours censées rappeler l'harmonie et le rythme des colonnes antiques. Le Corbusier veut désengorger les villes, insalubres, surpeuplées. Pourtant les grands immeubles seraient affectés à des ministères et de grands hôtels. A propos de ce plan radical, l'architecte admet que "l'urbanisme est brutal, parce que la vie est brutale, la vie est sans pitié" dans "Le Corbusier, Urbanisme" (Flammarion). Pour les défenseurs du Corbusier, il ne s'agit que d'un plan "théorique", d'une étude conceptuelle - ce qui réfutent totalement ses détracteurs.

 

Corbusier 2

 

Le Corbusier, Unité d’habitation, Marseille, perspective extérieure 1945 © F.L.C. / ADAGP, Paris, 2015

L'Unité d'habitation de Marseille, commencée en 1947, est l'un des rares exemples de construction publique réalisée par Le Corbusier, dont l'œuvre est surtout théorique (il a bâti quatre ensembles collectifs en France, un à Berlin, et une ville nouvelle à Chandigarh en Inde ). Il utilise le béton pour une construction rapide et peu couteuse. Des pilotis permettent de libérer la dalle où l'on peut circuler. La façade n'a plus de fonction de support : elle peut être vitrée et laisser entrer la lumière. L'ensemble – un seul immeuble à Marseille - est pensé comme un paquebot où tous les services collectifs sont intégrés – équipements sportifs, crèche, solarium. Les héritiers de Le Corbusier y voient une révolution dans la conception de l'habitat et de la construction. Ses détracteurs y voient la matrice des grands ensembles ou "cités dortoirs" bâtis après-guerre par l'Etat.

 

Corbusier 3

 

Dernière màj le 8 décembre 2016