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Le Bundestag allemand dépassé par une cyberattaque

Pays : Allemagne

Tags : Bundestag, piratage

Le Parlement fédéral allemand n'arrive toujours pas à surmonter une série de cyberattaques anonyme, révélée il y a un mois, au cours de laquelle plus de vingt mille ordinateurs ont été piratés. D'après les médias allemands, les dégâts sont plus importants que prévu. Durant plusieurs semaines, les hackers ont réussi à infiltrer le réseau parlementaire "Parlakom", qui devra être complètement remplacé.

L'ampleur des dégâts

20000

ordinateurs du Bundestag ont été piratés.

 

Les hackers auraient désormais accès à tous les données des fractions politiques, députés et employés du Parlement allemand : emails, propositions de loi et agendas. Mais ce n'est pas tout, les malfaiteurs ont également réussi à s'emparer des droits d'administrateurs, obligeant le Bundestag à remplacer tout son matériel informatique. Ce renouvellement pourrait durer des semaines et coûter plusieurs millions d'euros. Actuellement, les autorités estiment que des données fuitent toujours des ordinateurs.

Mécontentement des députés

L’Agence fédérale pour la sécurité des systèmes d’information (Bundesamt für Sicherheit in der Informationstechnik – BSI) investigue depuis des semaines pour savoir qui se cache derrière ces attaques informatiques. Ce jeudi, le président du BSI, Michael Hange, doit délivrer les premiers résultats de l'enquête à la commission en charge du dossier au Bundestag. En attendant, les députés de toutes tendances confondues critiquent le manque de transparence du Bundestag sur ce dossier. Le président de la commission digitale du parti social-démocrate SPD, Lars Klingbeil, fait état d'une "grande insécurité" chez les députés. "Nous avons mis le sujet des cyber-attaques à deux reprises sur l'agenda. Mais personne de l'administration du Bundestag n'est venu pour nous informer de la situation actuelle", déclare-t-il à la DPA, l'agence de presse allemande. Dans les colonnes de la Mitteldeutsche Zeitung, le président du groupe CDU au Parlement, Tankred Schipanski, dénonce une "politique d'information bizarre".

Qui est responsable ?

Pour le moment, impossible de connaître l'origine de ce cheval de Troie. Vu la sophistication du logiciel malveillaint, certains experts y voient la signature de services secrets. L'hebdomadaire Der Spiegel parle même d'une "piste russe", citant des "sources confidentielles". A noter que l'enquête sur le piratage contre la chaîne française TV5 Monde s'oriente elle aussi vers des pirates liés à la Russie.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016