Le "bébé à 3 ADN"

ARTE Reportage - samedi, 4 avril, 2015 - 18:35

Pays : Royaume-Uni

Tags : PMA, Bébé, sperme

Le 3 février dernier, le Parlement britannique votait en faveur d’une grande avancée dans la procréation médicalement assistée : le "bébé à 3 ADN". 

Bébé sur mesure

Une technique de pointe, délicate, complexe, permettant d’implanter des embryons dépourvus de maladies présentes dans les mitochondries des ovules de certaines femmes. Des maladies aboutissant parfois à la naissance d’enfants lourdement handicapés. Cette avancée, risquée, a provoqué la surprise générale dans le milieu médical.

Que signifie cette évolution ? Comment la procréation médicalement assistée tente aujourd’hui, dans certains pays comme l’Angleterre ou les Etats-Unis, d’apporter toujours plus de réponses aux demandes des parents ?

Le business du bébé à la carte représente neuf milliards d’euros par an. Des cliniques proposent à des personnes fertiles de sélectionner les embryons et d’implanter uniquement ceux qui vous conviennent. Certains enfants aujourd’hui adultes sont le fruit d’une "banque de génies" et démontrent que l’ouverture au business de l’enfant sur mesure, du bébé à la carte, n’est plus un mythe.

 

De Raphaël Hitier – ARTE GEIE / Scientifilms – France 2015 

 

 

Notre entretien avec le réalisateur

Infographies : du bébé en bonne santé... au bébé de catalogue

Le diagnostic préimplantatoire (DPI) consiste à rechercher sur des embryons conçus in vitro, avec les spermatozoïdes du père et les ovules de la mère, une maladie génétique grave et incurable qui pourrait être transmise par les parents. L'examen vise à replacer, dans l’utérus de la mère, un embryon indemne de la maladie.  

Mais le DPI ne fournit pas uniquement des informations utiles sur la santé du futur bébé. En 2001 naquit ainsi aux Etats-Unis le premier "bébé-médicament", un enfant conçu à l'aide d'une sélection d'embryon suite à un double diagnostic préimplantatoire, afin que celui-ci soit indemne de la maladie génétique dont souffre son frère ou sa sœur et qu'il soit immuno-compatible avec lui, ce qui peut permettre la guérison de l'enfant atteint grâce à un prélèvement de sang de cordon. Le premier "bébé-médicament" français, Umut-Talha, a vu le jour à Lyon début 2011 pour sauver sa sœur Asya, atteinte d'une maladie des globules rouges. 

Aux Etats-Unis, le DPI ouvre des champs encore plus vastes : grâce à cette méthode, les parents peuvent par exemple choisir le sexe ou la couleur des yeux de leur futur enfant - ce qui demeure strictement interdit en France. 

Sur le tableau ci-dessous, vous pouvez visualiser ce que les lois nationales de certains pays européens autorisent ou pas dans le cadre du diagnostic préimplantatoire, en comparaison des Etats-Unis. A noter qu'en Suisse, pays où le DPI n'est aujourd'hui pas toléré, une votation populaire est organisée le 14 juin prochain pour faire évoluer - ou non - la loi. 

 

Les choix du sexe de l'enfant, de la couleur des yeux..., légaux aux Etats-Unis,  peuvent aussi s'opérer à la source. Comme le montre notre reportage, des sociétés proposent ainsi du sperme trié sur le volet, avec photo du donneur, mensurations, QI et origine ethnique. Le tout, bien sûr, sans maladie génétique...

 

 

Dernière màj le 10 octobre 2017