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L'art et la culture à Detroit

Pays : États-Unis

Tags : Detroit, Art, Ruines

Ville symbole de l'industrie automobile, icône des luttes sociales et syndicales, la ville de Detroit est aujourd'hui dans l'impasse. Son déclin, amorcée dès les années 50, en fait aujourd'hui la figure tutélaire de la crise économique américaine depuis qu'elle s'est déclarée en faillite à la fin de l'année 2013. Du chaos naît aussi le renouveau. La principale ville du Michigan ne cesse depuis d'inspirer les artistes. Qu'ils soient réalisateurs, photographes, street-artistes ou musiciens, les ruines de Detroit sont devenues matière à création dont ARTE Journal vous propose un aperçu.

 

Que devient la culture en temps de crise ? A Detroit comme ailleurs, il est des domaines dans laquelle elle pâtit des restrictions budgétaires. Ainsi, le Detroit Institute of Arts, l'un des plus grands musées des Etats-Unis, risque de voir une partie de sa prestigieuse collection vendue aux enchères pour éponger les quelque 18 milliards de dollars de dette municipale. Pour le directeur du musée ce serait une perte irréversible, qui risquerait de faire perdre toute crédibilité au DIA vis à vis de ses donateurs et des milieux artistiques. Pour lui, "la fermeture du DIA serait plus violente encore que la faillite de General Motors... Cela voudrait dire que la ville a cessé de se battre" (Le Monde – 9/08/2013)

 

Fort heureusement, Detroit ne semble pas à avoir cessé de se battre. En témoigne l'émergence d'une multitude de projets artistiques qui souvent trouvent leur inspiration dans l'état de délabrement de la ville. Dans la rue Heidelberg, l'une des plus délabrées de la ville, des artistes ont décidé de redécorer et de colorer des maisons laissées à l'abandon pour changer le regard porté sur ces quartiers pauvres. Mission réussie : ce quartier autrefois malfamé, est aujourd'hui devenu un lieu prisé des touristes. 300 000 personnes le visitent chaque année.

Les ruines de Detroit ont aussi inspiré plusieurs projets photo parmi lesquels celui d'Yves Marchand et Romain Meffre, "Ruins of Detroit". Les deux photographes ont voulu rendre compte, à travers leurs photos, de l'âme de la ville. On retrouve dans leurs clichés tout le passé industriel d'une ville florissante tombée en déclin. C'est sans doute le travail photographique le plus remarqué sur Detroit.

 

 

Le site internet Detroiturbex a pour ambition de documenter le passé, le présent et le futur de la ville de Detroit. A l'aide d'un montage photo, il fait renaître, au milieu des ruines, des scènes de vie photographiées quelques années plus tôt. Le résultat est saisissant et redonne vie à des bâtiments en état de mort cérébral.

 

Une ville en ruines, ce sont des images mais aussi une atmosphère qui a inspiré plusieurs cinéastes parmi les plus célèbres. Après Clint Eastwood et son "Grand Torino", Jim Jarmush a choisi, dans son dernier film "Only lovers left alive", de raconter l'histoire de deux vampires amoureux dans cette ville devenue fantomatique. L'acteur Ryan Gosling y a aussi installé l'histoire de son premier long métrage, "Lost river".

 

Notre reportage sur Detroit et le cinéma :

 

 

 

Plus original, Reclaim Detroit s'est lancé dans la récupération. Cette organisation à but non lucratif réutilise des matériaux récupérés dans les maisons abandonnées. Et passés entre les mains du luthier Gary Zimnicki, ces déchets finissent par produire de la musique. Gary en fabrique des guitares et des mandolines, comme il le raconte dans ce reportage diffusé sur la télévision publique de Detroit.


 

 

Car Detroit, c'est également un foyer musical des plus riches : du Gospel au Jazz en passant par le mythique label soul "Motown" (en référence au surnom de la ville, "Motor Town"). La scène hip-hop locale a vu la naissance de l'un des plus grands, Eminem. Chrysler, géant de l'automobile made in Detroit, en a même fait son égérie pour une pub diffusée lors du Superbowl de 2011.
 

 

La ville voit se développer de nombreux labels de Hip-Hop indépendants, les rappers de Detroit ne comptant plus sur les grandes maisons de disque estampillées East Coast et West Coast, et créant leurs propres structures. L'exemple le plus marquant reste Reel Life Productions, du rapper Esham.

Dernière màj le 8 décembre 2016