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L'affaire Snowden au cinéma, nouvelles révélations au pays des kiwis

Pays : Nouvelle-Zélande, États-Unis

Tags : NSA, Snowden

Citizenfour, Oscar du meilleur documentaire, relate les origines de l'affaire Snowden, qui mêle allègrement traque étatique, secret d'État, vie privée et libertés. A l'occasion de la sortie du film en France, rencontre avec la productrice du film et l'avocat d'Edward Snowden, alors que de nouvelles révélations basées sur les documents fournis par l'ancien consultant de la NSA mettent en lumière un réseau d’espionnage international dans l’océan Pacifique, en collaboration avec l'agence américaine. Les territoires français d’outre-mer ont notamment été visés.

Citizenfour : au cœur du scandale mondial
Quand la Nouvelle-Zélande espionne l’outre-mer français...

Des documents de la NSA, l'agence d'espionnage électronique américaine, qui ont fui suite aux révélations de l'ancien consultant Edward Snowden et dont fait état ce jeudi le quotidien New Zealand Herald, indiquent que la Nouvelle-Zélande a espionné une vaste partie de l’océan Pacifique. Depuis 2009, sous le gouvernement du premier ministre actuel John Key, le pays aurait intercepté d’énormes quantités d’informations sur ses voisins de la région. Parmi les zones espionnées, on trouve de nombreux petits États insulaires mais aussi plusieurs territoires français d’outre-mer, comme la Polynésie ou la Nouvelle-Calédonie. Contacté par ARTE Info, le ministère français des Outre-mer a refusé de s'exprimer sur le sujet.

 

Contrairement à ce qu’a pu indiquer le gouvernement néo-zélandais, son agence de renseignement GSCB ne récoltait pas seulement des données pour des raisons de sécurité. Elle visait aussi des cibles économiques et gouvernementales. Une fois récoltées, les données auraient ensuite été transmises aux services de renseignement de quatre partenaires de la Nouvelle-Zélande : les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada et l’Australie. C’est ce qu’on appelle le réseau Five Eyes ("cinq yeux"). Les échanges de données auraient été effectuées dans le cadre d'un programme de l'agence américaine de renseignement NSA, XKeyscore, qui permettrait notamment une collecte presque systématique des activités de tout utilisateur d'Internet.
 

En réaction, le premier ministre néo-zélandais John Key s'est contenté d'évoquer des "erreurs" dans les informations rapportées dans les médias sur l'espionnage des pays voisins. Il s'est également dit convaincu que les opérations de l'agence néo-zélandaise de renseignements ont été "100% légales". De son côté, l'opposition a vivement réagi à l'annonce du scandale. Le chef des verts néo-zélandais, Russel Norman, a accusé l'agence de renseignement du gouvernement d'avoir "perpétré des crimes contre des nations entières".

Le premier ministre au coeur de plusieurs scandales

C'est loin d'être la première fois que John Key doit faire face à un tel scandale. La campagne des dernières législatives avait été marquée par un autre coup d’éclat. Un mois à peine avant les élections de septembre dernier, le journaliste Nicky Hager sortait un livre, Dirty Politics, qui se penchait sur les relations étroites entre le Parti national de John Key et le blogueur conservateur Cameron Slater, très offensif envers la gauche travailliste. L'auteur du livre aurait obtenu des documents d’un hacker anonyme content des milliers de mails et de conversations Facebook de Cameron Slater, révélant que celui-ci se serait concerté avec des proches du premier ministre, comme la ministre de la Justice, pour attaquer des opposants politiques et le directeur du bureau des fraudes. Après ces révélations, la ministre de la Justice avait été contrainte de démissionner.

Plus tard, à l'automne 2014, cinq jours seulement avant les législatives, un autre scandale, de surveillance des citoyens néo-zélandais cette fois, avait éclaté dans le pays. A l'origine des révélations : une conférence de presse baptisée "Le moment de vérité", avec notamment Kim Dotcom, connu pour être le fondateur du service d'hébergement MegaUpload et du nouveau parti kiwi "The Internet Party", et Glenn Greenwald, le journaliste qui a travaillé sur le programme de surveillance de la NSA. Le lanceur d’alerte Edward Snowden et le fondateur de Wikileaks Julian Assange assistaient également à la conférence par vidéos interposées. Mais les Néo-Zélandais ne semblent pas en avoir voulu à leur premier ministre, puisque John Key a tout de même remporté les élections de septembre dernier.

Les visages du scandale

Dernière màj le 8 décembre 2016