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L’adresse à la nation de Vladimir Poutine

Pays : Russie

Tags : Poutine, Embargo, Europe

Devant les parlementaires des deux chambres réunis, Vladimir Poutine a tenu son discours annuel. Il dresse le bilan de l’année écoulée, justifie la politique étrangère de la Russie et s’engage, pour rassurer les investisseurs, sur le terrain économique.

Dans son "adresse à la nation" Vladimir a réaffirmé la ligne Poutine. L’économie russe subit de plein fouet les effets des sanctions occidentales, et le président, qui dénonce un acharnement occidental : "Les sanctions n’étaient qu’une réaction nerveuse des Etats-Unis ou de leur alliés. Même sans la Crimée ils auraient inventé autre chose pour freiner les possibilités croissantes de la Russie […] cette manière de faire ne date pas d’hier", rappelle qu’elles sont nuisibles à l’ensemble des pays. En représailles, Moscou avait en effet rapidement décrété l’interdiction d’importer sur son territoire des produits agricoles en provenance de l’Union européenne. Un embargo qui fait frissonner l’agro-alimentaire européen car l’an dernier les échanges avec la Russie ont atteint 12 milliards d’euros dans ce secteur. Une situation qui devrait jouer en faveur des agriculteurs russes, mais faute de mesures concrètes pour les aider, il n’en est rien. Par ailleurs, en plus de la récession qui se profile, Vladimir Poutine est obligé de prendre en compte la chute du rouble. "Le cours du rouble ne peut pas devenir impunément un objet de spéculation", prévient-il, "Je demande à la Banque centrale et au gouvernement de prendre des mesures sévères pour faire passer l'envie aux spéculateurs de jouer sur les fluctuations du cours du rouble". Du même coup, il annonce une amnistie pour ceux qui rapatrieront leurs capitaux en Russie ; capitaux qui ont massivement quitté le pays ces derniers mois en raison des sanctions occidentales : "Je propose de geler la situation fiscale actuelle et de ne pas la modifier pendant les quatre prochaines années". Deux ans d’exonération de taxe pour les start-up est également au programme, ainsi qu’un plan de développement des régions, l’idée étant cette fois de booster la production locale aux dépens des importations. D’ici quatre ans, la Russie devrait avoir un taux de croissance supérieur à n’importe quel pays dans le monde, c’est la promesse de Poutine.

Dernière màj le 8 décembre 2016