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L'accord surprise de l'Opep pour stabiliser les cours

Pays : Welt

Tags : OPEP, pétrole

C'est une première depuis la crise de 2008 : Les pays membres de l'Opep sont parvenus à un accord pour baisser la production de pétrole. Les  marchés ont immédiatement réagi avec une hausse des prix de l'or noir. Mais les modalités de l'accord doivent encore être négociées et les experts financiers s'interrogent concernant son impact réel sur l'économie mondiale.

Opep : baisse de la production du pétrole
Opep : baisse de la production du pétrole Pour la première fois depuis la crise de 2008, l'Opep annonce un accord pour baisser la production de pétrole. Opep : baisse de la production du pétrole

 

Concrètement, l'Opep a annoncé avoir décidé de ramener sa production à un niveau compris entre 32,5 et 33 millions de barils par jour, contre 33,47 mbj en août selon l'Agence internationale de l'Energie (AIE). Il s'agit de la plus grosse réduction de production depuis celle décidée après la chute des cours durant la crise de 2008. "C'était une très longue réunion à Alger mais historique", a déclaré le ministre qatari de l'Energie, Mohamed Saleh Al-Sada. Il a ajouté que la réunion s’est déroulée dans une atmosphère "très positive reflétant la forte cohérence de l'Opep" afin de soutenir les prix de l'or noir, en chute libre depuis deux ans.

 

Les prix du pétrole accusent le coup :

 

Le geste de l'Arabie Saoudite

Cet accord a pris de court les marchés, parce qu’il semblait dès le départ compromis. L'Arabie saoudite et l'Iran semblaient incapables de trouver un terrain d'entente en raison des fortes divergences de vues entre ces deux grandes puissances rivales du Moyen-Orient. L'Arabie Saoudite conditionnait un plafonnement de sa production (à 10,2 millions de bpj contre 10,7 mbj aujourd'hui) à un geste similaire de l'Iran. Mais Téhéran ne voulait pas entendre parler de gel avant d'avoir au moins retrouvé son niveau de production d'avant les sanctions, soit à peu près 4 millions de barils par jour contre 3,6 millions de bpj aujourd'hui. Ce désaccord profond entre les deux pays avait déjà fait capoter une première réunion de l'Opep en avril, censée déboucher sur un gel de la production

Ryad a fini par assouplir sa position, affecté économiquement par la dégringolade des cours, qui ont perdu plus de la moitié de leur valeur. Résultat : le ministre saoudien de l'Energie, Khaled al-Faleh, avait déclaré mardi soir que son pays consentirait à ce que l'Iran, mais aussi la Libye et le Nigeria, soient autorisés à "produire aux niveaux maximum qui fassent sens". Ils sont donc exemptés de limitation de leur production. 

 

Quelles conséquences ?

Dès l'annonce de l'accord, Moscou a d'emblée salué "une décision très positive". A New York et à Londres, les marchés financiers ont immédiatement réagi avec une hausse des prix de l'or noir : les cours du baril ont bondi de plus de 5%. Mais les analystes s'interrogent sur son effet réel sur les marchés et sur l'économie, d'autant que des questions demeurent car l'accord n'est pas totalement ficelé. Qui va baisser sa production et de combien ? Les modalités seront fixées le 30 novembre lors du prochain sommet de l'Opep à Vienne. D'ici là, les membres du cartel vont tenter de convaincre les pays non membres, comme la Russie, de contribuer au réequilibrage afin de baisser une offre mondiale excédentaire. 

 

Dernière màj le 29 septembre 2016