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"L’accord entre l’UE et la Turquie ne doit pas être imité, où que ce soit"

Pays : Union européenne

Tags : droits de l'homme, Turquie, Réfugiés

Le chef du gouvernement turc, Ahmet Davutoglu, a été reçu mardi au Conseil de l'Europe, où il a défendu la place de son pays en Europe et son rôle dans l'accueil des réfugiés. Nils Muižnieks, commissaire aux Droits de l'homme au Conseil de l'Europe, était l'invité d'ARTE Journal mardi soir. L'occasion, pour lui, d'évoquer la crise des migrants, la situation des droits de l'homme en Turquie ou encore l'accord UE-Turquie sur les réfugiés.

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Entre la lutte contre le terrorisme et la répression de toute forme d'opposition, la Turquie est au bord de la guerre civile. Retrouvez reportages et analyses dans notre dossier.

Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a été reçu mardi au Conseil de l’Europe. Il y a défendu son pays, "partie inséparable de l’Europe", ainsi que son rôle dans l’accueil des réfugiés, principalement syriens. La Turquie, partenaire de premier plan de l’Union européenne (UE) dans la crise des réfugiés, est sous le feu des critiques à cause de l’autoritarisme du régime de Recep Tayyip Erdogan et de ses atteintes récurrentes aux droits de l’homme. Ankara s’attaque depuis des mois à toute forme de contre-pouvoir : journalistes turcs et étrangers, défenseurs de la cause kurde, universitaires… Bruxelles a-t-elle eu raison de s’allier à la Turquie et de relancer ses négociations à l’UE en contrepartie de l’accord sur les réfugiés conclu en mars ?

Inquiétudes pour les droits de l'homme en Turquie

Pour le Letton Nils Muižnieks, commissaire aux Droits de l'homme au Conseil de l'Europe depuis 2012, "la situation des droits de l’homme telle [qu'il] l’a vue en Turquie est très alarmante". Mais cela ne déligitime pas Ankara comme partenaire de Bruxelles dans la crise des réfugiés, à ses yeux. C'est le contenu de l'accord sur les réfugiés qui est problématique pour lui. Ce texte, vivement critiqué par l'ONU, prévoit le renvoi vers la Turquie de tous les migrants arrivés en Grèce depuis ses côtes, sur le principe du "un pour un". Pour chaque Syrien renvoyé, un autre Syrien exilé en Turquie sera réinstallé en Europe. La conclusion de Nils Muižnieks est sans appel : "l’accord entre l’Union européenne et la Turquie ne doit pas être imité, où que ce soit".

 

Interview de Nils Muižnieks, membre du Conseil de l'Europe
Interview de Nils Muižnieks, membre du Conseil de l'Europe Interview de Nils Muižnieks, membre du Conseil de l'Europe Interview de Nils Muižnieks, membre du Conseil de l'Europe