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La voiture électrique, sur le bon chemin ?

Pays : Union européenne

Tags : voiture électrique, énergie climat

Depuis 2008, la Norvège fait figure de pionnière en matière de développement des véhicules électriques. Ailleurs en Europe, les pays multiplient les stratégies visant à développer les modes de transports propres, avec plus ou moins de succès.  

 

L’Europe mise énormément sur le marché de la voiture électrique pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et atteindre les objectifs fixés par les vingt-huit États membres, dans le cadre d'un accord nommé paquet « énergie climat ». Ce dernier fixe le cap européen en matière de politique énergétique et climatique pour les quinze prochaines années. Le cadre énergie-climat 2030 comporte trois objectifs : réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’Union européenne, porter à 27 % la part des énergies renouvelables (ENR) dans la consommation et améliorer de 30 % l’efficacité énergétique.

 

La voiture de demain

Au Royaume-Uni, l’ambition est de voir circuler 1,2 million de véhicules électriques et 350 000 véhicules hybrides d’ici 2020. Depuis 2009, plus de 318 millions d’euros ont été consacrés à la promotion de ces véhicules considérés comme pauvres en émissions de carbone. Une prime de 2 000 à 5 000 livres (2 545 à 6 365 euros) pour l’achat vient compléter l’offre. Cependant les premiers effets de cette politique volontariste se font toujours attendre. En cause, des véhicules encore trop chers et un manque criant d’équipement pour recharger les batteries des voitures.

En Allemagne, il est prévu d’introduire un million de véhicules électriques d'ici 2020 et cinq millions d'ici 2030. Le pays envisage même la conversion de voitures non électriques en véhicules électriques. Certains pays du sud ne sont pas en reste. C'est le cas du Portugal qui s'est associé avec des équipes du très prestigieux Massachussetts Institute of Technologie (MIT) pour développer la recherche sur les véhicules électriques au sein des entreprises lusitaniennes. 

 

Vous avez dit écologique ?

Plusieurs voix s'élèvent en Europe pour contester les supposées vertus écologiques des véhicules électriques. Stéphane Lhomme, directeur de l’Observatoire du nucléaire, organisme indépendant de surveillance de l'industrie nucléaire, estime que les motifs « d’absence de bruit, d’odeur et de CO2 » ne sont pas gages à elles-seules d’écologie. « L’énergie provient de centrales nucléaires qui produisent des déchets extrêmement dangereux. Il y a aussi la fabrication des pneus et des batteries qui est polluante », déclare-t-il au quotidien 20minutes. En avril dernier, Stéphane Lhomme organisait une action incitant les Bordelais à débrancher les voitures électriques Bluecud afin disait-il de « faire un geste pour la planète ».

Parue en 2013, une étude de l’Ademe (l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) montre que la fabrication d’un véhicule électrique génère plus de CO2 que celle d’une voiture traditionnelle. En cause, l'extraction particulièrement polluante des métaux qui composent la batterie électrique. C'est seulement à l'usage que la voiture électrique présente un avantage indéniable en termes d'écologie. En Allemagne, où l'électricité provient à plus de 40 % du charbon – très émetteur de CO2 –, une voiture électrique doit rouler plus de 150 000 km pour devenir écologiquement plus performante qu'un véhicule traditionnel.

Céline Peschard

 

 

Dernière màj le 13 janvier 2017