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La situation des réfugiés au Pirée

Pays : Grèce

Tags : Pirée, Réfugiés

Le pape François était en visite exceptionnelle sur l'île de Lesbos en mer Egée ce samedi 16 avril. Par ce déplacement, le souverain pontife entend montrer sa solidarité avec les réfugiés et avec la Grèce en première ligne dans la gestion de la crise migratoire. L'occasion d'exiger aussi de meilleures conditions d'accueil pour les migrants.

Car la capacité d'accueil est saturée en Grèce et les tensions montent dans les dizaines de camps qui existent à travers le pays. Sur les îles sont enfermés dans des camps de rétention plus de 7000 migrants arrivés après le 20 mars, date de la mise en application du nouveau plan UE /Turquie signé le 18 mars. Pratiquement l'ensemble de ces 7000 migrants ont déposé une demande d'asile pour tenter d'échapper ou de ralentir la déportation vers la Turquie. Il faudra encore attendre une dizaine de jours pour savoir qui sera effectivement renvoyé et qui aura le droit de rester en Grèce le temps que soit examiné leur demande d'asile. 

Sur le continent 52 000 migrants, arrivés eux, avant le 20 mars sont bloqués, les frontières vers les pays du nord étant closes depuis la mi février. Ils ne risquent pas d'être refoulés vers la Turquie car ils sont arrivés avant l'activation du plan UE/ Turquie. Ils vivent parfois dans des camps semi fermés gérés par l'armée mais aussi dans des camps improvisés comme au port du Pirée où plus de 4000 migrants s'entassent dans des conditions sanitaires déplorables : 

 

La situation des réfugiés au Pirée

Pour les 52 000 migrants bloqués sur le continent en Grèce, qui sont donc dans un autre cadre juridique que les nouveaux arrivants des îles, deux solutions désormais s'offrent à eux :  Soit tenter coûte que coûte de continuer la route en s'en remettant aux passeurs. Soit déposer l'asile en Grèce en espérant bénéficier du plan de relocalisation lancé en octobre 2015. 

Jusqu'à ce que les frontières soient fermées en février dernier, pratiquement aucun syrien, irakien ou erythréen (les trois nationalités prioritaires pour la relocalisation) n'avait fait le choix de demander l'asile en Grèce ou de rentrer dans la relocalisation car tous voulaient continuer leur route vers l'Allemagne. Or la relocalisation ne permet pas de choisir le pays de destination. La relocalisation ne fonctionnait pas. 

Désormais les demandes explosent. Sur les 52 000 migrants coincés en Grèce à l'heure actuelle, on estime à 25 0000 le nombre de ceux éligibles à la relocalisation. Il faudra des mois pour que leur transfert soit effectif. Pour l'instant les pays européens, qui se sont engagés à relocaliser 65000 réfugiés en provenance de Grèce, sont rares à proposer des places d'accueil. La france accélère le mouvement et affirme qu'elle veut tenir son engagement de  30 000 relocalisations d'ici à fin 2017. En résumé la relocalisation concerne aujourd'hui une partie des 52 000 migrants bloqués sur le continent grec arrivés avant le 20 mars. C'est la seule voix de sortie légale pour les Syriens, les Irakiens et les Erythréens. 

Tout ce beau système (relocaliser ceux coincés sur le continent et renvoyer en Turquie ceux arrivés sur les îles après le 20 mars) ne tiendra que si le flux d'arrivées diminue vraiment depuis la Turquie (c'est tout l'objectif du deal du 18 mars). Pour l'instant c'est le cas. 

Dernière màj le 8 décembre 2016