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La peur d’Ebola frappe l’Europe

Pays : Union européenne

Tags : Ebola

La contamination d’une aide-soignante à Madrid, premier cas répertorié sur le continent européen, suscite beaucoup d’inquiétude. Les autorités espagnoles cherchent à rassurer leurs voisins européens sur l’éventualité d’une propagation du virus en Europe. Mais nombreuses sont les critiques sur les mesures sanitaires prises par les autorités espagnoles.

Nous devons rester attentifs, mais aussi garder notre calme.

Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol. 

C’est en exerçant son métier que Teresa Romero, l’aide-soignante espagnole, a vraisemblablement été contaminée par le virus Ebola. Dans un hôpital à Madrid, elle avait pris soin d’un missionnaire malade rapatrié d’Afrique - décédé le 25 septembre dernier. Depuis, 6 personnes qu'elle a cotoyées, sont en observation ; et les autorités espagnoles sont sur le qui-vive.

Comment la contamination a-t-elle pu avoir lieu ? C’est la question qui taraude tout le monde. Dans le quartier où vit l’infirmière, on accuse le gouvernement de ne pas avoir pris toutes les précautions nécessaires. Dans le voisinage de la banlieue de Madrid où elle vit, on s’étonne aussi que personne ne soit venu désinfecter son appartement. L’aide-soignante aurait présenté des symptômes dès le 30 septembre mais n’a été hospitalisée qu’une semaine plus tard. Pourtant elle avait signalé son état à l’hôpital, mais celui-ci l’aurait renvoyé vers un médecin de ville sans tenir compte du fait qu’elle avait été en contact avec un malade d’Ebola. Par la suite, elle serait restée plusieurs heures aux urgences sans être isolée. Les défaillances dans la gestion de sa prise en charge semblent avoir été nombreuses.

 

L’Europe à la rescousse…

Deux experts du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CPCM) basé à Stockholm ont été dépêchés en Espagne pour "assister les autorités espagnoles" et tenter de trouver la faille. Pour l’instant, aucune conclusion n’a pu être tirée, mais il est possible que certaines procédures n’aient pas été respectées. Pourtant les consignes en milieu hospitalier sont strictes : les personnels soignants doivent se protéger en portant des masques, des lunettes de protection et des gants lorsqu’ils dispensent des soins aux malades, mais ils doivent aussi se laver régulièrement les mains, avant et après tout contact avec un patient fiévreux. Rappelons ici qu’il faut un contact avec les fluides corporels pour que le virus se transmette et que tant qu’il n’y a pas de symptômes chez le malade, la contagion n’est pas possible. Une des hypothèses retenue pour expliquer la contamination est que l’aide-soignante aurait pu se frotter le visage avec un gant infecté.

 

La situation ne peut pas être comparée à ce qui se passe en Afrique. Une épidémie d’Ebola en Europe est hautement improbable

La porte-parole de la Santé de la Commission européenne

L’Europe inquiète

Mais ce premier cas de contamination sur le sol européen inquiète les autorités européennes, Bruxelles demande des explications à Madrid sur la gestion de cette crise. Dans une allocution devant le Congrès espagnol, le chef du gouvernement Mariano Rajoy a tenu à rassurer ses homologues européens en promettant de les informer quotidiennement de l’évolution de la situation "Nous devons rester attentifs, mais aussi garder notre calme".

Ce premier cas démontre aussi qu’accueillir des malades sur le sol européen est un facteur de risque. Ces derniers mois, l’Espagne a pris en charge plusieurs personnes atteintes du virus, mais ce n’est pas le seul pays en Europe. D’autres, comme la France et l’Allemagne (voir carte), ont mis en place des structures au sein de leurs hôpitaux pour pouvoir accueillir des malades en chambres d’isolements. Pour autant, le porte-parole de la Santé de la Commission européenne, a réaffirmé que "la situation ne peut pas être comparée à ce qui se passe en Afrique. Une épidémie d’Ebola en Europe est hautement improbable".

 

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016