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La peur de l‘escalade

Pays : Burundi

Tags : Burundi, Nkurunziza

L’élection présidentielle au Burundi a des incidences sur l’ensemble de la région. Les violents conflits en cours pourraient être encore exacerbés et s’étendre aux pays voisins, qui sont étroitement liés par un passé commun d’hostilités. L’Afrique des Grands Lacs est en état de guerre depuis plus de 25 ans.   

Soutien de la part de la République Démocratique du Congo (RDC)

Les relations privilégiées qu’entretiennent le président du  Burundi Nkurunziza et son parti CNDD-FDD avec le président congolais Joseph Kabila ont amené ce dernier à apporter un soutien massif au premier dans sa lutte pour conserver le pouvoir. Après la tentative de putsch de mai 2015 au Burundi, la Belgique, la Suisse et les Pays-Bas ont gelé leurs programmes d’assistance financière. Depuis, Nkurunziza est dépendant des fonds de la RDC riche en matières premières. Par ailleurs des troupes de la milice hutu FDLR seraient parties au Burundi pour venir en aide au CNDD-FDD de Nkurunziza.

Angoisse croissante au Ruanda

Au Burundi, les partis de l’opposition sont par contre en faveur de rapports pacifiques avec leur voisin du nord, le Rwanda : certains leaders de l’opposition et nombre de citoyens s‘y sont réfugiés, tandis que d’autres sont partis encore plus loin en Ouganda.  Par ailleurs, le Rwanda redoute une attaque du FDLR à partir du Burundi. À titre préventif, le président rwandais tutsi Paul Kagamé a stationné des unités de l’armée à la frontière du Burundi. 

L‘Ouganda, ambassadeur pour la paix 

L‘Ouganda a intérêt à ce que la paix règne dans ce foyer de conflits. Car cet État profite des échanges économiques et commerciaux avec ses pays voisins. C’est pourquoi le président ougandais s’est rendu la semaine dernière au Rwanda et au Burundi pour proposer ses bons offices en faveur de la paix. 

Peur de voir ressurgir un ancien conflit

Malgré la mise en place de nombreux processus de démocratisation en Afrique centrale et orientale, il semble que le conflit opposant depuis des décennies les Hutus et les Tutsis reste latent et qu’il menace d’éclater encore une fois suite aux rapports de pouvoir instables au Burundi. Il y a seulement dix ans qu’a pris fin dans ce pays la guerre civile entre Hutus et Tutsis qui a coûté plus de 300.000 vies humaines. C’est pourquoi l’élection au Burundi a des incidences beaucoup plus graves que la seule question de l’illégitimité d’un troisième mandat pour Nkurunziza, puisqu’elle risque de provoquer à nouveau une escalade de la violence dans la région.  

158.000 personnes en fuite

Depuis le début de la crise, les pays voisins du Burundi ont à faire face à des afflux massifs de réfugiés, soit selon l’ONU 158.000 personnes ayant quitté depuis avril le Burundi pour se réfugier au Rwanda, en Tanzanie, en Ouganda et en République Démocratique du Congo – alors que la population du Burundi ne compte qu’à peine 10 millions d’habitants. Dans certains pays, le nombre de réfugiés en provenance du Burundi a plus que décuplé au cours des trois derniers mois. Médecins sans frontières évoque le chiffre de 1 000 Burundais franchissant chaque jour la frontière avec la Tanzanie, dont nombre de citoyens critiques et membres de l‘opposition.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016