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L'évacuation des derniers bastions rebelles d'Alep-est a commencé

Pays : Syrie

Tags : Assad, Conflit syrien

Près de deux jours après l'accord conclu entre la Turquie et la Russie, l'évacuation d'Alep-est d'environ quatre mille rebelles et de leurs familles a débuté jeudi après-midi. Le premier convoi à partir était composé d'ambulances et de bus avec à bord 951 personnes, dont plus de deux cents rebelles et cent-huit blessés, selon une source militaire. Il a quitté dans l'après-midi le quartier d'Al-Amiriyah, encore tenu en partie par l'opposition, pour se rendre dans celui de Ramoussa, aux mains du régime. Un peu plus tard, ces véhicules, accompagnés par le Comité international de la Croix-rouge (CICR) et le Croissant rouge syrien, "sont arrivés" en territoire rebelle, dans l'ouest de la province d'Alep, a indiqué à l'AFP Ahmad Al-Dbis, à la tête d'une unité de médecins et de volontaires qui coordonnent les évacuations. L'ONG Médecins du monde estime qu'"environ cent mille personnes sont encore piégées sur un territoire de 5 km²" à Alep. La prochaine victoire du régime, qui s'apprête à s'emparer de la deuxième ville de Syrie, marquera probablement un tournant dans la guerre.

Le témoignage du professeur Raphaël Pitti, spécialiste en médecine d'urgence, qui se trouvait encore en Syrie le mois dernier :

Interview mit dem französischen Arzt Raphaël Pitti
Interview avec le médecin français Raphaël Pitti Interview avec le médecin français Raphaël Pitti Interview avec le médecin français Raphaël Pitti

 

La quasi-totalité d'Alep-est a été reprise par les forces fidèles au régime syrien. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, les rebelles ne contrôlent plus qu'une fraction de cette partie de la ville. "Nous vivons les derniers moments avant la victoire", a déclaré mardi un haut gradé des forces syriennes. Les rebelles et Bachar al-Assad se disputent la ville depuis 2012 et cette offensive, la dernière d'une longue série, a été lancée en novembre par l'armée, soutenue par l'aviation russe.

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Entre #Aleppovictory et #Savealeppo

Les habitants d'Alep-est sont nombreux à poster des vidéos et des messages désespérés sur les réseaux sociaux. Comme cette jeune femme, qui dit sur son compte faire partie de la révolution syrienne. "Ceci pourrait être ma dernière vidéo", déclare-t--elle. "Les civils sont retranchés dans une zone qui ne fait pas plus de deux kilomètres carrés. Chaque bombe est un nouveau massacre. Sauvez Alep, sauvez l'humanité."

 

Les casques blancs syriens, qui ont sauvé des centaines de Syriens des décombres d'Alep, se sont eux aussi servi de leur compte Twitter pour alerter la communauté internationale de la situation de la ville. Lundi, ils ont publié une lettre ouverte dans laquelle ils demandaient la mise en place d'un corridor sécurisé pour évacuer les civils.

A l’inverse, on a également pu lire le hashtag #aleppovictory ("la victoire d’Alep") : une vidéo diffusée par la chaîne russe Russia Today montre par exemple des scènes de liesse parmi des habitants de la ville d’Alep : ils klaxonnent et arborent des drapeaux syriens. En réalité, la vidéo a été tournée dans la partie ouest de la ville, contrôlée par le régime. 

Des atrocités dénoncées 

Pendant ce temps, des échos très préoccupants parviennent à la communauté internationale, selon lesquels des atrocités seraient commises par les troupes du régime d’Assad dans les zones contrôlées par les rebelles. Des soldats du régime auraient abattu des civils. "Le prix que les civils ont payé pendant ce conflit est extrêmement lourd", a déploré mardi à Genève Rupert Colville, porte-parole des Nations Unies. Au moins quatre-vingt deux personnes auraient été tuées ce jour-là pendant les dernières heures de combat, parmi lesquelles il y aurait onze femmes et treize enfants. D’après les dernières nouvelles rapportées par l’Unicef, une centaine d’enfants seraient retenus dans un immeuble à l’ouest de la ville, dans une zone bombardée. 

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Dernière màj le 15 décembre 2016