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La dévaluation chinoise affole les marchés internationaux

Pays : Chine

Tags : dévaluation, yuan

La décision de Pékin, mardi, d'abaisser le niveau de référence du yuan, pour tenter de relancer son activité en plein trou d'air, a fait l'effet d'une douche froide. Décryptage.

Dévaluation : qu’est-ce que c’est ?

Le site cafedelabourse.com donne une explication assez claire : la dévaluation se traduit par la baisse du cours d’une monnaie par rapport à une monnaie de référence. Prenons un exemple simple et fictif : avant dévaluation, le dollar américain vaut exactement le dollar canadien. Mais après dévaluation, un dollar américain équivaut à 0,90 dollar canadien. Conséquence immédiate : après la dévaluation, il faut fournir plus de monnaie nationale pour obtenir la devise étrangère.

On parle souvent de dévaluation quand un gouvernement décide de relancer la compétitivité économique d’un pays : quand la valeur d’une monnaie baisse, les exportations augmentent, puisque les acheteurs étrangers peuvent acheter plus, pour le même montant, en devise étrangère. Cependant, les produits importés deviennent plus chers, puisque les acheteurs nationaux doivent payer plus pour une même quantité de marchandises.

L’objectif d'un gouvernement qui lance une politique de dévaluation est d’améliorer la balance commerciale. On a longtemps pensé que cette mesure pouvait relancer l’activité économique d’un pays, mais cet instrument n’est guère plus utilisé.

Quand le yuan remplacera le dollar

Depuis 2014, le yuan est devenu une monnaie de réserve dans plus de cinquante pays. Il est aujourd’hui classé cinquième monnaie de paiement au monde et se situe juste derrière, dans l’ordre, le dollar américain (87% des échanges mondiaux), l’euro (6,6%), la livre et le yen. Si le yuan ne totalise pour l’instant que 2,17% du marché international, il faut souligner qu’il n’en représentait que 0,63% en 2013. Son ascension est spectaculaire. De là à penser qu’elle surclassera un jour le dollar, il n’a y a qu’un pas… que certains observateurs n’hésitent plus à faire.

L’exemple du Yuan

Mardi 11 et mercredi 12 août, Pékin a opéré deux dévaluations. La monnaie chinoise a perdu 2% sur chacune de ces deux journées. Il faut désormais dépenser 6,33 yuans pour acheter un dollar. C'est la plus drastique baisse depuis 1994 et l'adoption par Pékin du système de changes actuel.

Sous le choc de cette nouvelle dévaluation, les bourses mondiales piquaient à nouveau du nez mercredi (autour de 2% de baisse en moyenne pour les bourses européennes), de même que les marchés de matières premières, dont la Chine est grande consommatrice. Le baril de pétrole américain est tombé à 42,8 dollars. Son niveau le plus bas depuis plus de six ans.

Avec cette dévaluation, importer des matières premières va coûter plus cher à la Chine. Les investisseurs s’attendent donc à ce que Pékin réduise encore ses achats. Le pétrole mais aussi le zinc, le cuivre, le plomb… avec, pour conséquence, une baisse des cours.

Problème : les flux de capitaux hors de Chine risquent de s’accélérer, de la part d'investisseurs inquiets de voir fondre leurs actifs. Les dettes en dollars des entreprises chinoises elles vont gonfler. C’est donc une arme à double tranchant pour les autorités chinoises.

Dernière màj le 8 décembre 2016