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La colère grandit au Mexique

Pays : Mexique

Tags : crime organisé, Etudiants, Acapulco, Ayotzinapa, Iguala

Les mouvements de colère continuent depuis l'annonce, le 07 novembre, du massacre présumé des 43 étudiants disparus. Ce mercredi 12 novembre, des manifestants ont attaqué le siège du parti au pouvoir dans l'Etat de Guerrero, dans le sud du Mexique à coup de jets de cocktails Molotov. L'incendie partiel du siège du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) du président Enrique Peña Nieto, a eu lieu en marge d'une manifestation qui regroupait un millier d'étudiants de l'école normale dans laquelle étudiaient les disparus. Lors des affrontements avec la police anti-émeute, au moins cinq personnes ont été blessées, trois policiers et deux journalistes, tous atteints par des jets de pierres.

Le visage dissimulé, armés pour la plupart de bâtons, de barres métalliques ou de machettes, des manifestants ont aussi bloqué lundi 10 novembre, pendant trois heures, l’accès à l’aéroport international d’Acapulco, ville touristique du sud du pays. Des parents des élèves disparus et des élèves de l’école normale d’Ayotzinapa ouvraient la marche. Dix-neuf agents de police ont été blessés. De plus en plus, la colère se cristalise contre le président Enrique Pena Nieto, accusé de passivité. Beaucoup de mexicains lui reprochent aussi par ailleurs de s'être rendu au sommet de l'ASEAN à Pékin, laissant derrière lui un pays en pleine crise.

 

Identification très difficile

 

Les manifestations de colère se succèdent dans le pays depuis l'annonce par les autorités mexicaines que les étudiants ont probablement été massacrés par des membres du crime organisé, dont certains sont passés aux aveux. Le ministre de la Justice a estimé qu'il serait très difficile d'identifier les restes carbonisés qui ont été retrouvés. Selon les experts, il n'est possible de réaliser des tests ADN que sur deux fragments d'os : une rotule et un autre fragment, qui seront envoyés à un laboratoire autrichien.

 

L'affaire, qui jette une lumière crue sur la collusion des autorités politiques et policières avec le crime organisé, constitue la plus grave crise de la présidence d'Enrique Peña Nieto, arrivé au pouvoir en décembre 2012.

 

Pour en savoir plus sur cette dramatique histoire et sur l’ambiance qui règne depuis quelques années au Mexique, notre revue de presse :

 

Des artistes donnent un visage aux disparus  

Tout commence lorsqu'un artiste mexicain se lance dans le portrait de l'un des 43 étudiants disparus pour humaniser le jeune homme et lui redonner une identité. Depuis plus de 200 autres artistes mexicains et étrangers ont suivi le mouvement. Les dessins réalisés à partir de photos des disparus sont partagés sur les réseaux sociaux avec chacun la même légende : "Moi, [nom de l'artiste], je veux savoir où est [nom du disparu]". Le résultat de ce travail est visible dans son ensemble sur une page tumblr dédiée.

 

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Dernière màj le 8 décembre 2016