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La citation ou la tirade du jour

Pays : France

Tags : Festival d'Avignon 2015, Théâtre

Chaque jour, vous retrouverez l’une des citations, l’une des tirades des spectacles proposés dans le 'In' d’Avignon. Du Shakespeare, du Strindberg, mais aussi des auteurs contemporains...

24.07

 

 

Dernières tirades et citations, deux plutôt qu'une : celle d'Hamlet qui n’était pas joué à Avignon, mais parle du théâtre, tout comme celle issue d’un entretien avec Patrice Chéreau. En quelque sorte un hommage à l’art du théâtre.


Ne soyez pas non plus trop apprivoisé ; mais que votre propre discernement soit votre guide ! Mettez l’action d’accord avec la parole, la parole d’accord avec l’action, en vous appliquant spécialement à ne jamais violer la nature ; car toute exagération s’écarte du but du théâtre qui, dès l’origine comme aujourd’hui, a eu et a encore pour objet d’être le miroir de la nature, de montrer à la vertu ses propres traits, à l’infamie sa propre image, et au temps même sa forme et ses traits dans la personnification du passé. 
Maintenant, si l’expression est exagérée ou affaiblie, elle aura beau faire rire l’ignorant, elle blessera à coup sûr l’homme judicieux dont la critique a, vous devez en convenir, plus de poids que celle d’une salle entière. Oh ! j’ai vu jouer des acteurs, j’en ai entendu louer hautement, pour ne pas dire sacrilègement, qui n’avaient ni l’accent, ni la tournure d’un chrétien, d’un païen, d’un homme ! Ils s’enflaient et hurlaient de telle façon que je les ai toujours crus enfantés par des journaliers de la nature qui, voulant faire des hommes, les avaient manqués et avaient produit une abominable contrefaçon de l’humanité."

William Shakespeare, Hamlet, acte III, scène 2


Si des gens font du théâtre le motif de leur vie, il faut qu’ils sachent sans romantisme, qu’ils donnent de l’importance a une chose qui pour d’autres en a moins. 
Maïss, le merveilleux clown qui joue Ebert dans Toller, a consacré sa vie à monter sur une chaise, à sauter dessus, puis à la casser, à jouer du petit violon. Voila toute sa vie. D’une futilité totale, menée avec sérieux. Ce n’est pas simple, une profondeur est aussi là.
Le théâtre est une pacotille importante, mais futile. Quand on sait ca, je crois que ca ne devient plus de la futilité mais terrible et fort."

Patrice Chéreau - Le musée imaginaire de Patrice Chéreau, Collection Lambert

 

23.07

 

 

 

"Contre une époque qui a besoin de héros,
nous ne pouvons rien faire."

Cassandre, d’après Christa Wolf - Opéra du Grand Avignon

 

22.07

 

 

 

"L’identité, ce n’est pas être soi-même,
c’est ressembler à quelqu’un.
Tout le monde devrait ressembler à quelqu’un."

"Quand je rentrerai à la maison, je serai un autre", mise en scène de Mariano Pensotti - La Fabrica, jusqu’au 25 juillet

 

21.07

 

 

 

"- Pourquoi il ne m’a pas ajouté sur Instagram, Mido ?
- Mes photos sont moches, je sais.
- Je fais beauf avec mon voile."

"The Last Supper", mise en scène d’Ahmed El Attar - L’autre scène du Grand Avignon, Vedène, jusqu’au 23 juillet

 

20.07

 

 

 

"La tante ne vous a pas raconté.
Je voyais des morts,
Sauf que je les voyais vivants !"

"Dinamo", mise en scène de Claudio Tolcachir - Gymnase du lycée Mistral, jusqu’au 23 juillet

 

18.07

 

 

 


Je vais y aller moi. 
J’en ai assez de regarder nos pensées au plafond. 
A un moment, le pôle magnétique 
finit par nous taper sur le système."

"Fugue", mis en scène par Samuel Achache - Cloître des Céléstins, jusqu’au 23 juillet

 

17.07

 

 

 


La guerre, elle vibre
longtemps 
dans le silence des bombes et des balles. 
La paix ne recouvre rien ; 
Pour revenir, il lui faut un temps 
plus long qu’une vie d’homme, il le sait. 
Comme il sait qu’il n’aura jamais 
la vieillesse heureuse et tranquille à 
laquelle toute sa vie il a travaillé."

"Retour à Berratham", mis en scène par Angelin Preljocaj d’après le texte de Laurent Mauvignier (POL) - Cour d'honneur du Palais des papes jusqu'au 25 juillet

 

 

 

16.07

 

 

Quand la chambre funéraire fut terminée, 
l’Homme a enterré son nouveau feu, 
et a essayé de l’oublier, car seul l’oubli le libérerait. 
Mais il a commencé à craindre que ses enfants
rouvrent la chambre funéraire et réveillent le feu. 
Alors, il a dit à ses enfants, de dire à leurs enfants 
et aux enfants de leurs enfants, de se souvenir 
pour toujours d’oublier la chambre funéraire, 
de se souvenir pour toujours d’oublier.

"Jamais assez", mise en scène de Fabrice Lambert - Gymnase Aubanel, jusqu’au 17 juillet

 

15.07

 

 

"Pour attirer les licornes, on poste une jeune fille vierge dans une clairière."

"A mon seul désir", mise en scène de Gaëlle Bourges. Au gymnase du lycée Saint-Joseph, jusqu'au 21 juillet 2015.

 

 

13.07

 

 

Antoine regarde Cléopâtre
Cléopâtre regarde Antoine
Antoine n’est pas certain qu’ils aient vu le même futur 
Cléopâtre sait qu’ils ont vu le même futur trempé de sang 
Antoine pense que prévoir le futur n’a aucun sens 
Cléopâtre pense qu’il vaut mieux vivre le présent.

"Antoine & Cléopâtre" de William Shakespeare, dans une mise en scène de Tiago Rodrigues, Salle Benoît XII.

 

 

11.07

 

 

 


L’Usagère : 
Si je rencontre un jour le Un, je lui dirai : 
Dites, le Un, avez-vous été heureux de rester si longtemps tout seul parmi les nombres ?"

Le vivier des Noms, Valère Novarina (Cloitre des Carmes, Editions POL)

 

10.07

 

 

 

L'exposition "Le musée imaginaire de Patrice Chéreau" -jusqu'au 11 octobre 2015- de la Collection Lambert rend hommage à cet homme de théâtre et de cinéma, disparu il y a deux ans.   

Je dis que l’avenir, c’est du désir, pas de la peur.

Patrice Chéreau - 2010


 

09.07

 

 

Les auteurs sans les comédiens, c’est impossible. 
La littérature se met à vivre quand un comédien s’en empare.

Thomas Bernhard, "Des arbres à abattre" - Mise en scène de Krystian Lupa

 

08.07

 

 

"NO51, Ma femme m'a fait une scène et a effacé toutes nos photos de vacances", mis en scène par Teater NO99, est un spectacle performance fait par un collectif estonien. C’est la première fois que des Estoniens viennent à Avignon. A l’issue d’une dispute familiale ou les photos de vacances ont été détruites, un homme se lance dans la curieuse entreprise de les reconstituer. 

- Qu’est-ce que tu fais. 
- Ben je me déshabille, les chiens n’ont pas de vêtements …
- Aujourd’hui, si !
- Comme un Chihuahua alors. 

 

07.07

 

 

Un cheval ! Mon royaume pour un cheval !
Bande mes blessures ! Jésus, aie pitié !
Du calme ! Ce n’était qu’un rêve.
Lâche conscience, comme tu me tourmentes !
Les flammes brûlent bleu.
C’est l’heure morte de minuit. La sueur froide coule sur ma chair tremblante.
Ai-je peur de moi-même ?
Personne n’est là.
Richard aime Richard.
Je suis moi-même.
Non. Si. Moi !
Fuis donc ! Me fuir ?
Pour une bonne raison : que je ne me venge pas
 Je m’aime.
Pour m’être fait du bien à moi-même ?
Je me déteste plutôt pour les actes détestables que j’ai commis.
Je suis un scélérat.
Mais je mens, je n’en suis pas un.
Idiot, parle bien de toi-même.
Idiot, ne te flatte pas.
Je vais désespérer. Aucune créature ne m’aime.
Si je meurs, pas une âme n’aura pitié de moi.
Pourquoi en aurait-on, puisque moi-même, je n’ai pas pitié de moi ?

"Richard III", acte V, scène 3, à l’opéra théâtre d’Avignon. Mise en scène de Thomas Ostermeier - Jusqu’au 18 juillet

 

06.07

 

 

A partir du film de Lars von Trier, "Les idiots", l’expérience d’un groupe de jeunes russes qui bousculent les règles sociales dans le Moscou d’aujourd’hui. 

 

- J’ai la solution à votre problème.
-  Je ne savais pas que j’en avais un ?
-  Problème n’est peut-être pas le mot juste.

"Les Idiots" d'après Lars von Trier, une mise en scène de Kirill Serebrennikov.

 

05.07

 

 

Jour de référendum en Grèce. Et Platon s’invite en Avignon. 60 amateurs vont entreprendre la lecture de La République de Platon, réécrite et relue par le philosophe Alain Badiou. En 18 jours et 18 fois pour lire ce monument de la pensée. Un exemple : la fameuse allégorie de la caverne. L’homme, prisonnier à l’état de nature, doit accéder à la connaissance et se libérer. Dans une caverne chez Platon, il est spectateur chez Badiou. Chez lui, l’époque est celle du cinéma et des spectateurs captifs.

 

Imaginez une gigantesque salle de cinéma. En avant l’écran, qui monte jusqu’au plafond, mais c’est si haut que tout ça se perd dans l’ombre, barre toute vision d’autre chose que de lui-même. La salle est comble. Les spectateurs sont, depuis qu’ils existent, emprisonnés sur leurs sièges, les yeux fixés sur l’écran, la tête tenue par des écouteurs rigides qui leur couvrent les oreilles…"

La République de Platon (Alain Badiou, Ed. Fayard)
A Avignon, du 4 au 24 juillet, Jardins Ceccano

 

 

04.07

 

 

A tout seigneur, tout honneur, la première tirade provient du "Roi Lear" de William Shakespeare, dans une mise en scène d’Olivier Py (sur sa propre traduction) :

 


Ton silence était une machine de guerre
Qui a ébranlé l’architecture du monde
Et transformé l’amour en haine !
Ô Lear Lear Lear !
J’entends frapper les coups aux portes de mon âme ; 
Faites entrer la Folie, bannissez la Raison !"

Lear - Sc. 4 dans "Le Roi Lear", William Shakespeare (Trad. Olivier Py, Ed. Actes Sud)

 

Dernière màj le 8 décembre 2016