La censure, comment la contourner ?

Pays : Turquie

Tags : Twitter, Erdogan, Censure, Internet

Les exemples de censure étatique d’internet ne manquent pas : le Népal en 2005, la Syrie et la Libye en 2011 ont coupé l’intégralité du réseau. Des pays comme la Corée du Nord, l’Iran et la Chine façonnent la toile à leurs idéologies. Dernière en date, la Turquie a bloqué Twitter jeudi 20 mars, après avoir menacé de fermer au début du mois Youtube et Facebook. Seul problème, messieurs les censeurs, il existe toujours des moyens de vous contourner.

La censure est d’une certaine façon arrivée à maturité : rien ne sert de débrancher la prise, lorsqu’il suffit de cibler l’attaque. La Turquie se contente de couper l’accès à l’un des noms de domaines les plus utilisés pour briser les moyens de communication immédiate. Bloquer les voix, faire taire l’opposition et, finalement, isoler.

 

Mais si Erdogan a coupé une autoroute, les chemins de traverse existent encore. Un exemple parmi d’autres : IRC, le premier système de communication instantanée d’Internet. 

 

Twitter est mort, vive Twitter !

Résultat, malgré la fin de Twitter annoncée par Erdogan, les tweets continuent à pleuvoir de Turquie. Pour les suivre, quelques hashtags comme : #TwitterisblockedinTurkey, #DictatorErdoğan, #direntwitter, #OccupyTwitter et d'autres à consulter dans ce fil Twitter :

 

 

Cette effervescence est due à ceux qui font circuler des tutoriels, par tous les moyens :

 

Et ces personnes ne sont pas seules, Twitter n’aime pas la censure et le fait savoir en publiant la procédure permettant d’envoyer des tweets via SMS :

 

La censure en Turquie est appliquée par la pression du gouvernement sur les Fournisseurs d’Accès Internet : à partir du moment où votre FAI bloque un site, vous n’y avez plus accès. En changeant l’adresse DNS sur votre ordinateur, vous contournez la censure. Plus d’infos avec ce tutoriel

 

SMS et changement de serveur DNS sont les deux techniques utilisées pour contourner la censure en Turquie. En cas de durcissement des moyens mis en œuvre pour renforcer le blocage, ou si le gouvernement souhaitait sanctionner les utilisateurs d’un service devenu illégal, ces astuces deviendraient vaines. Pourquoi ?

 

La première précaution : assurer son anonymat 

Parce qu’un pays qui prend le parti de censurer intégralement ou partiellement le web a peu de mal à identifier des contrevenants. Sur le web, vous laissez des traces. La faute à votre adresse IP. Cette adresse permet de vous localiser, de retracer les sites visités, d’avoir accès à vos données personnelles, comme vos mots de passe, celui de votre boite mail par exemple. Bref, de reconstituer chacune de vos actions. Purger votre historique navigateur ne sert absolument à rien. Alors pour contourner la censure, assurer son anonymat et son intraçabilité, un peu lecture

 

Non, la censure n’est pas l’apanage des dictatures

La France ou l'Allemagne ne font pas exception. Nos gouvernements ont les moyens de nous espionner et souvent ils ne s'en privent pas, l'actualité récente est là pour nous le rapeller.  Alors certains ont opté pour l'anonymat, voici comment ils font : ici, le site wefightcensorship.org (projet de Reporters sans frontières) propose des ressources et des programmes sûrs pour sécuriser votre connexion, votre adresse mail ou vos envois sensibles; ici un papier sur les fournisseurs d’accès alternatifs; ou là encore un wiki très complet sur l’anonymat.

 

Tor : les 95% de l’iceberg à nu

Le logiciel le plus connu pour assurer votre anonymat est Tor, un réseau de tunnels virtuels. C’est en quelque sorte un brouilleur d’adresse IP et d’identité. Mais ce n’est pas du tout : Tor vous donne accès à tout. Seul 5% des contenus web sont indexés et référencés, reste 95% de données éparses à découvrir, le Deep Web (web profond). Quelques articles pour vous en dire plus sur Hitek.com sur le nouvelobs.com ou sur citazine.com. Le point commun de ces sources : insister sur la possibilité d’accéder à tout ce qui est illégal avec Tor. En oubliant de dire que le Deep Web donne accès à une somme colossale de contenus d’une autre nature, le plus souvent inutile, et tout à fait légaux... Et que Tor peut permettre à des citoyens de contourner la censure et de communiquer avec l'extérieur sans prendre de risque.

 

Mathieu Boch