|

Karamazov : des frères, des hommes, une troupe

Pays : France

Tags : Karamazov, Théâtre, Festival d'Avignon

Pour sa première mise en scène à Avignon, le jeune directeur du théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis Jean Bellorini a choisi d’adapter "Les frères Karamazov" de Dostoïevski, dans le cadre magique de la Carrière de Boulbon. Dans le roman, Dostoïevski entrecroise les destins et les tourments des frères Karamazov. Trois fils, Alexéi, Ivan et Dimitri, plus un, le bâtard Smerdiakov, et une intrigue policière autour du parricide de Fiodor, le patriarche sans foi ni loi. Un roman à tiroir où chacun des fils représente un idéal. 

 

Du montage des décors à la première, ARTE Journal suit toutes les étapes avant les représentations des "Frères Karamazov" en Avignon. Un spectacle à voir en intégralité sur ARTE Concert et sur ARTE le 29 juillet. En attendant, retrouvez chaque jour un nouvel épisode de notre série "Karamazov : des frères, des hommes, une troupe" :

Ligne de vie

KARAMAZOV, ce sont un père et quatre fils. Trois d’entre eux sont légitimes. Aliocha (diminutif d'Alexéi), Dimitri et Ivan cherchent leur vérité, leur idéal. Face à eux le quatrième, le bâtard Smerdiakov, plein de haine et de cynisme. Et au dessus, le père Fiodor, piètre bouffon jouisseur et violent. Survolez notre infographie pour découvrir les portraits des personnages :

En savoir plus...

D’après "Les Frères Karamazov" de Fiodor Dostoïevski 
Traduction : André Markowicz (Éditions Actes Sud) 
Adaptation : Jean Bellorini et Camille de La Guillonnière 
Mise en scène  : Jean Bellorini
Avec : François Deblock, Mathieu Delmonté, Karyll Elgrichi, Jean-Christophe Folly, Jules Garreau, Camille de La Guillonnière, Jacques Hadjaje, Blanche Leleu…
Et les musiciens : Michalis Boliakis, piano et Hugo Sablic, batterie et Starets Zossima

C’est en entendant Patrice Chéreau lire le poème du "Grand inquisiteur" (œuvre au cœur, presque la dorsale des frères Karamazov) à la Cartoucherie en 2008 que lui est venu l’idée d’adapter pour le plateau le roman fleuve de Dostoïevski. Et huit ans après, le voilà à Avignon, dans l’un des lieux les plus étonnants du festival, la carrière Boulbon en pleine nature, inauguré en 1985 avec le Mahabharata de Peter Brook.  

L’évidence de monter ce spectacle pour Jean Bellorini, c’est d’abord l’humanité qui inonde le roman, et les questions métaphysiques qui en découlent : la responsabilité, le bien le mal, l’existence de Dieu, et les choix que nous faisons. 
Il y a aussi des marques de fabrique propre à Jean Bellorini : les textes et surtout l’envie de raconter des histoires. Et pas forcément en puisant dans le répertoire dramatique. Du coup, il n’hésite pas à s’attaquer à Hugo, à Horvath, à Novarina, à Brecht ou encore Rabelais, avec en plus l’exigence de vouloir un théâtre populaire. 

Autre signe, la musique qui vient ponctuer le récit, allers et retours permanents dans le travail de Jean Bellorini. C’est aussi pour lui une manière de raconter les choses. La musique classique russe mais aussi des chansons, et surtout deux musiciens assez fous, un percussionniste et un pianiste. Pour lui, la musique "permet de passer du récit intellectuel au récit sensible", elle touche et devient aussi un trait d’union entre les acteurs et les spectateurs. Comme si la musique disait la vérité. 

Enfin, il y a la troupe, plus ou moins la même que celle qu’il a crée il y a une quinzaine d’années. Pratiquement une famille, où presque tous ont continué l’aventure sur les différents projets. Et ce sont eux qui vont se retrouver sur le site de la carrière Boulbon, sous les étoiles, et justement sentir "l’air de lune", le nom originel de leur compagnie.

Même si les lieux ont été repérés à plusieurs reprises pour imaginer le spectacle et confectionner les décors, Jean Bellorini est heureux d’être enfin la, le 30 juin. La datcha s’est dressée, collée à la falaise, comme s’il fallait cette puissance tellurique pour écraser le petit monde des hommes. 

Dernière màj le 25 juillet 2016