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La Terre, chaque jour vidée un peu plus de ses ressources

Pays : Monde

Tags : environnement, protection ressources naturelles

Comme chaque année, l’institut de recherche Global Footprint Network tire la sonnette d’alarme. Et cette alarme est, comme chaque année, tirée plus tôt que la fois précédente. Ce lundi 8 août est le World Overshoot Day, en français la Journée mondiale du dépassement. Cela signifie que les habitants de la Terre ont déjà épuisé les capacités écologiques annuelles de la planète et qu’à partir d’aujourd’hui, ils vont vivre sur ses réserves. Ce déficit écologique date des années 1970 et n'a cessé d'augmenter depuis. Selon les calculs du Global Footprint Network, la Journée du dépassement a eu lieu le 23 décembre en 1970. En 1990, elle a été évaluée au 13 octobre. Puis au 3 septembre en 2005 et au 13 août l'an dernier… 

Comment est calculée la date de la Journée du dépassement ?

Mathis Wackernagel, fondateur du Global Footprint Network, explique ce qu'est l'empreinte écologique (en anglais) :

Le Global Footprint Network calcule cette date sur la base de mesures fournies par diverses organisations internationales et scientifiques, dont l'ONU. Ces données lui permettent de calculer l'empreinte écologique de plus de deux-cents Etats du globe, c'est-à-dire la quantité de terre et d'eau (calculée en hectares) nécessaire pour produire tout ce qu'ils consomment et absorber tout ce qu'ils rejettent.

Le calcul de la date de la Journée du dépassement s'appuie sur une autre mesure, la biocapacité : il s'agit de la faculté de la planète à se régénérer en absorbant les déchets produits par l'activité humaine. Le croisement de ces deux mesures permet d'évaluer si le pays ou la région concernée est en déficit écologique ou dispose d'une capacité suffisante à ses besoins. Calculé au niveau mondial et rapporté au nombre de jours de l'année, ce déficit permet de déterminer la date de l'Earth Overshoot Day. Le calcul de la date de 2016 s'appuie sur des données qui remontent jusqu'à l'année 2012.

                                                                  Biocapacité de la Terre
                                            x empreinte écologique des habitants de la planète
                                                                              / 365
                                                                                   =
                                                        Journée du dépassement de la Terre

 
Quels sont les pays dont l'empreinte écologique est la plus élevée ?

Les Etats-Unis et l'Australie font figure de mauvais élèves. Ils sont ceux dont l'empreinte écologique est la plus élevée, comparée à celle des autres pays de la planète. Si tous les Terriens consommaient autant que les Australiens, il leur faudrait 5,4 Terres pour subvenir à leurs besoins annuels.

 

Graph Overshoot Day 1

Le Global Footprint Network s'est également intéressé à l'empreinte écologique des pays par rapport à leur biocapacité nationale. On découvre ainsi que la Corée du Sud consomme 8,4 fois plus de ressources écologiques que celles dont elle dispose.

 

Graph Overshoot Day 2
 
Quelles activités humaines ont le plus d'impact sur l'empreinte écologique ?

Le Global Footprint Network calcule l'empreinte écologique globale d'un pays sur la base de plusieurs paramètres. Les émissions de gaz carbonique représentent "60% de notre empreinte écologique globale", selon le Global Footprint Network.

 

Camembert

Les promesses de la COP21

Fin 2016, la COP21 a placé la question du réchauffement climatique sous les feux des projecteurs. 185 Etats ont pris des engagements sur la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, dont fait partie le dioxyde de carbone. De bien beaux engagements qui ne sont pas encore appliqués : seuls 22 pays ont ratifié l'accord jusqu'ici, loin des 55 Etats représentant 55% de ces émissions, nécessaires pour que l'accord entre en vigueur.           

Les terres cultivées servent à produire de la nourriture et des fibres végétales pour l'être humain et le bétail. Selon le Global Footprint Network, il s'agit des surfaces les plus "bioproductives" qui existent. L'ONG précise cependant que, fautes de données complètes, elle ne prend pas en compte le type d'agriculture utilisé dans ces terres cultivées.

Les produits issus de la forêt sont le bois de charpente, le bois de chauffage et le papier.

L'empreinte carbone prend en compte les émissions de dioxyde de carbone issues de la combustion d'énergies fossiles, comme le pétrole, ainsi que des produits importés. Elle correspond à la quantité de forêts nécessaire pour absorber les émissions de CO2.

La catégorie des "zones de pêche" est basée sur la quantité de poissons qu'il est possible de pêcher sur une surface donnée.

Les pâturages sont les terres servant à nourrir le bétail, utilisé pour produire de la viande, des produits laitiers, du cuir et de la laine. On compare la quantité de pâturages disponible dans un pays à la quantité de pâturages nécessaire pour nourrir le nombre d'animaux nécessaires pour répondre à la demande du pays en question.

Les zones construites, comme leur nom l'indique, sont les surfaces couvertes par des infrastructures humaines : habitation, industrie, transports… Elles occupent souvent d'anciennes zones cultivées.

Les villes et les petites îles, prêts à ouvrir la voie ?
- Comme le note Le Monde, après la COP21, plus de 500 villes se sont engagées à calculer leur empreinte écologique après la COP21 et à diminuer leurs émissions de CO2.    
- Dans plusieurs petites îles, notamment dans les Caraïbes, le secteur de l'énergie renouvelable est en pleine croissance, explique The Conversation.
- Le Costa Rica, souvent cité en exemple, a produit 99% de son électricité à partir d'énergies renouvelables en 2015.

                                                                                                                                                                                           

Dernière màj le 8 août 2016