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Arrestations massives après le double attentat en Turquie

Pays : Turquie

Tags : attentat, Recep Tayyip Erdogan

La Turquie a arrêté près de deux-cents membres du principal parti prokurde et frappé en Irak des cibles de la rébellion kurde. Ces arrestations surviennent après le double attentat qui a fait 44 morts, dont 36 policiers, samedi soir à Istanbul. L'attentat, l'un de plus meurtriers à frapper la mégalopole turque ces dernières années, a été revendiqué par un groupe radical kurde lié au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK). 

La terreur a frappé à la nuit tombée. Une voiture piégée a percuté un car de transport des forces anti-émeute près du stade de l'équipe de football de Besiktas et un kamikaze s'est ensuite fait exploser au milieu d'un groupe de policiers dans un parc voisin, selon les autorités.

Au moins trente-six policiers et huit civils ont été tués et cent-cinquante-cinq personnes blessées dans les deux déflagrations qui se sont produites à 45 secondes d'intervalle, a déclaré le ministre de l'Intérieur Süleyman Soylu.

Selon lui, les explosions se sont produites à 22h29, heure locale, après le départ des supporters ayant assisté au match qui opposait samedi soir Besiktas à Bursaspor à la Vodafone Arena.

Il s'agit d'une "attaque terroriste qui visait clairement les forces de police antiémeute", a affirmé le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus.

Le double attentat a frappé un quartier touristique d'Istanbul, situé entre l'emblématique place Taksim et l'ancien palais de Dolmabahçe, sur la rive européenne de cette mégalopole dont l'attractivité avait déjà été entamée par plusieurs autres attentats cette année.

Après les explosions, les autorités ont rapidement bouclé tous les accès au quartier du stade, déployant un hélicoptère et des policiers qui, mitraillette en bandoulière ou arme au poing, ont empêché tout passage.

"Nous avons assisté, ce soir à Istanbul, à la manifestation la plus hideuse du terrorisme", a réagi le président Recep Tayyip Erdogan dans un communiqué.

Deux-cents personnes arrêtées

Le président turc Recep Tayyip Erdogan considère que le HDP est étroitement lié au PKK et a fait savoir qu'il ne considérait plus cette formation comme un interlocuteur légitime, qualifiant régulièrement ses membres de "terroristes".
Parmi les personnes arrêtées figurent notamment les chefs de section du HDP à Istanbul, Aysel Guzel, et à Ankara, Ibrahim Binici, selon l'agence progouvernementale Anadolu.
Les membres du HDP arrêtés sont soupçonnés d'appartenance au PKK, considéré comme un groupe terroriste par Ankara, ou d'en relayer la propagande, a ajouté Anadolu. 

"Une attaque lâche"

Les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) s'en prennent régulièrement à des cibles de la police. Deux précédents attentats contre des cars de la police ont fait des dizaines de morts cette année à Ankara.

A Istanbul, quatre touristes ont été tués et 36 personnes blessées en mars sur la célèbre avenue Istiklal, dans un attentat-suicide revendiqué par l'EI.

Les autorités ont également affirmé que les jihadistes étaient derrière l'attentat qui avait fait 47 morts en juin à l'aéroport Atatürk d'Istanbul.

Membre de la coalition internationale qui combat l'EI en Syrie et en Irak, la Turquie a déclenché en août une offensive dans le nord de la Syrie pour repousser les jihadistes vers le sud.

Devant le risque d'attentats à Istanbul, les Etats-Unis avaient ordonné en octobre l'évacuation des familles des employés de leur consulat dans la mégalopole turque.

Le soutien de la communauté internationale

L'ambassade des Etats-Unis à Ankara a condamné sur Twitter une "attaque lâche" et assuré se tenir "aux côtés du peuple turc contre le terrorisme".

Plusieurs pays européens ont également condamné cette attaque et exprimé leur solidarité avec la Turquie.

"La France apporte son plein soutien à la Turquie dans cette nouvelle épreuve", a déclaré son président François Hollande, tandis que le Royaume-Uni s'est dit, par l'intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, "déterminé à travailler avec la Turquie pour combattre le terrorisme".