|

Jour 8 - Platon sur un plateau

Pays : France

Tags : Festival d'Avignon 2015, Alain Badiou, La République de Platon

Depuis samedi dernier, et pendant encore une dizaine de jours, 60 comédiens amateurs jouent tous les jours et en 18 épisodes la République de Platon, dans la version relue et adaptée par le philosophe Alain Badiou. L’entrée est libre, l’expérience est étonnante, surtout quand comme aujourd’hui, le personnage de Socrate, au cœur de cette République, est joué par Alain Badiou. Avec une voix et une ressemblance étonnante avec Michel Bouquet, Alain Badiou devient comédien, et il aime ça, il serait presque un peu et délicieusement cabot. Mais revenons à la République. 

 

Festival d'Avignon : la république de Platon

Aucun homme libre ne doit s'engager 
dans l'apprentissage de quelque connaissance 
que ce soit comme un esclave."

La République, Platon

Nous voilà plongés dans 2500 ans d’histoire des idées politiques. Platon dialogue avec Marx, Engels et Bakounine. Pour Badiou, il s’agit de faire "briller la puissance contemporaine du texte, la pensée de Platon est toujours en mouvement. On voit que ce qui a été pensé depuis Platon peut s’éclairer à partir de Platon lui-même, et que Platon s’éclaire d’avoir à traverser ce qui a été pensé après lui."

Où en est-on de l’égalité Hommes-Femmes, de la démocratie et de la tyrannie, qu’est-ce que la justice ?... et beaucoup d’autres questions autour de la chose publique, la "Politeia". On écoute Socrate, Glauque et Cie débattre. Et puis un autre, enfin une autre, Amantha, une femme. Voilà encore une liberté d’Alain Badiou : un personnage féminin dans cette République d’aujourd’hui, cette drôle d’Assemblée sous les platanes que vient écouter un public de plus en plus nombreux. Ils étaient plus de 400 aujourd’hui.

 


Et il y a aussi ces acteurs, 14 comédiens en devenir tous venus de l’école régionale d’acteurs de Cannes, et 44 autres, de purs amateurs. Entre le jeu, la lecture et le mouvement des corps, ils s’amusent à dialoguer entre eux. Il y a du doute chez eux quand ils déclament, mais une belle énergie. En plus, ils réussissent, et ce n’était pas gagné, à intéresser le public. Tous le reconnaissent. Depuis le début, il y a des parties plus arides que d’autres, mais étonnamment le public marche et fonctionne et se débrouille dans ce labyrinthe de la pensée politique. De ce côté-là, le pari est d’ores et déjà gagné.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016