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Jour 4 - Le cas Lupa

Pays : France

Tags : Festival d'Avignon, Lupa

L’erreur est enfin réparée. Considéré comme l’un des maîtres du théâtre européen, Krystian Lupa, 71 ans, vient pour la première fois présenter son travail au festival d’Avignon. Et le résultat, c’est peu de le dire, est magnifique. Plus Lupa avance dans son travail, plus il prend ses libertés. C’est le cas avec cette adaptation du roman de l’autrichien Thomas Bernhard "Des arbres à abattre". Entre le metteur en scène polonais et l’écrivain autrichien, le compagnonnage n’est pas nouveau. C’est la sixième qu’il monte une œuvre de Thomas Bernhard, connu pour sa férocité envers son pays et aussi ses habitants. Et c’est à nouveau le cas ici.

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Jour 2 - Avignon sous le règne de Shakespeare
Jour 3 - La ruée vers l’Off

"Des arbres à abattre", c’est une forêt de vanités. L’action se déroule lors d’un "dîner artistique" chez les époux Auersberger, qui va durer le temps de la pièce, 4 heures 30.  La soirée s’étire en longueur d’abord marqué par l’attente de l’invité de marque de la soirée, un comédien du Burgtheater. Dans la deuxième partie, cette intelligentsia -composée de romanciers, des peintres, ou encore d’acteurs- se retrouve à table. Et c’est là que les masques vont tomber. Chacun fait comme il peut avec ses compromissions et ses contradictions. 

 

Tous nos souvenirs viennent de l’enfance. Ils ne nous laisseront jamais en paix.

Extrait

Ce que révèle à la fois le texte de Thomas Bernhard, mais aussi la mise en scène de Krystian Lupa, c’est que chacun de ces personnages, incarnés par des comédiens excellents, pourraient être chacun d’entre nous. Lupa n’en finit pas d’explorer les méandres de l’âme humaine, et par là, notre solitude. Il en vient à nous faire aimer l’ennui à mourir qui règne dans ce diner, et notamment dans cette première partie où chacun attend l’acteur. Au-delà de la hargne propre à Thomas Bernhard et à son écriture, on ne peut s’empêcher d’être pris de compassion et de tendresse pour chacun des personnages de cette satire. C’est aussi tout le talent de Lupa de nous le faire découvrir et ressentir. Avignon découvre enfin un grand maître de 71 ans. 

"Des arbres à abattre", d’après le roman de Thomas Bernhard
Mise en scène de Krystian Lupa
La Fabrica

Dernière màj le 8 décembre 2016