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Jeremy Corbyn, le nouveau leader du Labour

Pays : Royaume-Uni

Tags : Labour Party, Jeremy Corbyn

Le Labour Party a dévoilé le nom de son prochain leader, il s'agit de Jeremy Corbyn. Portrait de cet iconoclaste élu avec 59,5 % des suffrages.

L'engouement pour Jeremy Corbyn en une intervention

Militants et sympathisants travaillistes ont donc élu, le 12 septembre, celui qui doit succèder à Ed Miliband, qui a été mis en déroute, et son parti avec, aux dernières législatives de mai. 

Anti-capitaliste, anti-nucléaire, anticonformiste, Jeremy Corbyn s’illustre par la constance. L’ancien syndicaliste, entré à la Chambre des Communes en 1983 n’a pas quitté son siège de député de la circonscription d’Islington (quartier du nord de Londres) depuis 32 ans. Et depuis 32 ans, il suit le droit fil d’un socialiste qui n’a jamais ni oublié, ni renié ses fondamentaux. Certains l’entendent d’ailleurs comme un vieux disque rayé de gauchiste radotant. Force est pourtant de constater que Jeremy Corbyn déplace les foules à chacun de ses meetings et qu’il a dépassé les sondages qui estimaient qu'il l'emporterait 53% des voix.

 

A gauche toute !

Il veut renationaliser, relancer l’industrie et les mines de charbon, et ne jure que par l’abolition des mesures d’austérité que les conservateurs au pouvoir infligent au pays. Il rêve de ramener le Labour à la gauche de la gauche et promet de combattre l’injustice sociale, son credo "depuis toujours" dit-il. Et dans l’Angleterre néo-libérale du XXIe siècle, son discours très "lutte des classes" séduit de plus en plus. Les déçus du blairisme, les déçus des Tories, les jeunes qui ne croyaient plus en rien, les anciens ouvriers, ils sont nombreux à voir en Jeremy Corbyn l’espoir d’une vraie nouvelle gauche, ou même tout simplement l’espoir d’un vrai leader politique soucieux du bien-être collectif.

 

… une direction qui divise son parti

Au sein même de son parti, en revanche, son succès croissant n’enchante pas tout le monde. A commencer par ses challengers Yvette Cooper, Liz Kendall et Andy Burnham. Tous trois se présentaient aussi pour prendre la tête du Parti travailliste mais sur la tendance centriste. Certains caciques, dont Tony Blair, voient en Jeremy Corbyn l’annonce d’un nouvel échec du Labour aux prochaines législatives prévues en 2020. Son profil trop rouge et à contre-courant de l’économie de marché florissante au Royaume Uni risque, d’après eux, de repousser les électeurs modérés.

 

 

Un diagnostic que partagent les conservateurs mais dont ils se frottent les mains. Eux parient sur le fait que les Britanniques n’auront aucune envie de voir Jeremy Corbyn devenir Premier ministre et sera, par conséquent, un rival peu gênant. Autant donc que ce soit lui qui prenne la tête du Parti travailliste. 

Dernière màj le 8 décembre 2016