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Jean-Claude Juncker veut relever une Europe titubante

Pays : Europäische Union

Tags : Jean-Claude Juncker

Le Brexit, la crise des réfugiés, le terrorisme et la montée des populismes de tout bord minent l’Europe. Plutôt que de broyer du noir, Jean-Claude Juncker a tenté d’insuffler un vent de positivité à tous les Etats membres dans son discours sur l’état de l’Union le 14 septembre. Il a énuméré un certain nombre d’initiatives concrètes pour démontrer que l’Union européenne apporte quelque chose aux 509 millions d’Européens et pas uniquement une soupe d’austérité. Focus sur ces annonces et propositions :

L’économie et le commerce 

Sur le plan économique, Jean-Claude Juncker a réclamé une Europe plus sociale, qui lutte contre le "dumping social" et le chômage. Sa solution : doubler la capacité du plan d'investissement qui porte son nom, lancé en 2014 pour stimuler la croissance. Nouvel objectif : 630 milliards d'euros d'investissements dès 2022, contre 315 milliards prévus au départ. L’objectif du "plan Juncker" est de relancer la croissance et l'emploi en Europe. Il finance des projets dans vingt-six Etats membres. Quelque deux cent mille petites et moyennes entreprises en profitent.

 

La crise des réfugiés

"Lorsque l'on regarde le Moyen-Orient et l'Afrique, on constate que leur énorme potentiel est bridé par la guerre, la pauvreté, le manque d'infrastructures et la mauvaise gouvernance", a déploré la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, citée dans un communiqué. C’est pour cette raison que Jean-Claude Juncker a annoncé aux eurodéputés la création d'un nouveau plan d'investissement, destiné à l'Afrique et aux pays du voisinage de l'Europe. L'objectif est d'offrir plus de perspectives localement et de limiter la migration économique vers l'UE. Ce plan d'investissement "ambitieux", selon le président de la Commission, a le potentiel de lever quarante-quatre milliards d'euros selon lui, et "jusqu'à 88 milliards d'euros si les Etats membres y contribuent". Il s'agit aussi d'obtenir des pays africains, comme cela a été fait avec la Turquie, qu'ils luttent davantage contre les passeurs et acceptent beaucoup plus de "réadmissions" de leurs ressortissants.

 

Maîtriser les flux migratoires

"Nous devons savoir quels individus franchissent nos frontières, c'est pourquoi nous défendrons nos frontières avec l'aide de la nouvelle agence de gardes-frontières et de gardes-côtes européens", qui vient d'être créée pour remplacer l'agence Frontex en la renforçant. Frontex dispose déjà de plus de six cents agents postés en Grèce aux frontières avec la Turquie et de cent agents postés en Bulgarie, a-t-il indiqué. "Je veux voir le déploiement dès le mois d'octobre d'au moins deux cent gardes-frontières et de cinquante véhicules supplémentaires aux frontières extérieures de la Bulgarie". De nouvelles modalités de contrôle seront adoptées d'ici la fin de l'année : "Chaque fois qu'une personne entrera dans l'UE ou quittera son territoire, il y aura un enregistrement de la date, du lieu et de la raison expliquant le mouvement et le déplacement".

 

La sécurité et la défense

"Le manque de coopération militaire en matière de défense coûte à l'Europe entre vingt et cent milliards d'euros par an. [...] Il faut faire quelque chose de ce point de vue-là", a-t-il plaidé. La Commission, selon lui, proposera "avant la fin de l'année" la création d'"un fonds européen de la défense" destiné à "stimuler activement la recherche et l'innovation" dans l'industrie. Il a aussi plaidé pour la création d'un quartier-général unique au sein de l'UE : "?ous devons également nous orienter vers des ressources militaires communes, qui dans certains cas relèveront de l'Union, en pleine complémentarité avec l'Otan".

 

La réforme des droits d'auteurs

La réforme des droits présentée mercredi était aussi attendue que crainte par les milieux artistiques et audiovisuels. L'exécutif européen propose de faire tomber le principe de territorialité des droits d'auteurs pour les contenus en ligne des chaînes de télévision. La Commission propose aussi une mesure à destination des grands éditeurs de presse : la possibilité de réclamer des droits sur les articles mis en ligne et utilisés par des sites comme Google News ou Facebook, qui en tirent indirectement des revenus publicitaires.
  

Dernière màj le 15 septembre 2016