Japon : mère ou travailleuse ?

ARTE Reportage - dimanche, 8 mars, 2015 - 20:00

Pays : Japon

Tags : entreprises, Maternité

Sayaka Osakabe, une femme japonaise de 37 ans, poussée à la démission par son patron parce qu’elle était enceinte, se bat depuis pour faire évoluer les mentalités. 

Japon : mère ou travailleuse ?

Dans les entreprises japonaises, la coutume veut qu’une Japonaise démissionne après son mariage, ou au plus tard lorsqu’elle est enceinte de son premier enfant. Celles qui s’y refusent, comme Sayaka Osakabe, peuvent voir leur vie tourner au cauchemar, victimes d’un harcèlement insidieux de leur employeur pour les pousser à la démission, le "mata-hara”, le harcèlement des mères dans les entreprises.

70% des Japonaises quittent leur travail lorsqu’elles ont un enfant… de gré ou de force : paroles désobligeantes, rupture de contrat, heures supplémentaires, parfois même obligation de réaliser des tâches physiques et éprouvantes. Là où beaucoup de femmes se taisent et craignent de remettre en cause la hiérarchie, Sayaka Osakabe est l'une des rares à avoir osé attaquer son entreprise devant les prud'hommes japonais, et à avoir obtenu gain de cause. Elle s'emploie depuis à aider d'autres victimes. D’autant que le Japon a désespérément besoin que ses femmes travaillent. La population active diminue inexorablement : 87 millions en 1995, 66 millions en 2013 et, selon des projections, 57 millions en 2030.

Sayaka Osakabe vient d’être désignée lauréate du Prix international Femme de courage 2015 décerné par le Département d'État américain à l’occasion de la journée de la femme. C’est la première fois qu’une femme japonaise reçoit cette distinction!

De Marjolaine Grappe, Christophe Barreyre, Makiko Segawa – ARTE GEIE – OrientXpress – France 2015

 

 

Chiffres clés

Partout dans le monde, les femmes gagnent moins que les hommes. Une inégalité qui est loin d'être la seule :

 

Les femmes et le marché du travail

De Anne Charlotte Waryn et Loïc Bertrand

 

Le temps partiel pour concilier vie de famille et et vie professionnelle ? 

Le travail à temps partiel est plus répandu dans l’Europe de l’ouest et les pays scandinaves que dans les anciens pays du bloc soviétique. Partout en Europe, les femmes sont plus nombreuses à travailler à temps partiel que les hommes. Une tendance qui s’explique, entre autres, par une répartition encore inégale du travail domestique : une femme s’occupe en moyenne 20,5 heures par semaine des tâches domestiques alors que les hommes seulement 8,5 heures. Même en rajoutant d’autres tâches comme le jardinage ou le bricolage, les femmes restent en tête avec en moyenne dix heures de plus par semaine. 

 

De Donatien Huet, Charlotte Schranz et Janina Schnoor

 

Dernière màj le 8 décembre 2016