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Italie - Pas de clémence pour les vandales

Pays : Italie

Tags : vandalisme, patrimoine historique

Un touriste a écopé d'une amende de 20 000 euros pour avoir gravé l’initiale de son prénom sur l'un des murs du Colisée. Les autorités haussent le ton alors que les dégradations de ce type se multiplient. 

La prochaine fois, il y réfléchira à deux fois. Un touriste russe vient d’écoper de quatre mois de réclusion avec sursis et de 20 000 euros d’amende. Son crime ? Avoir vandalisé l'un des trésors du patrimoine culturel italien. L'homme de 42 ans a été surpris en flagrant délit en train de graver à l'aide d'une pierre pointue l'initiale de son prénom, un large « K » de 25 cm de haut, sur l'une des parois du Colisée romain. « Ecrire sur le mur d'un monument historique est strictement interdit », n'a pas manqué de rappeler la directrice du Colisée, Rossella Rea cité par The Guardian. La justice a décidé de hausser le ton alors que les cas ce sont multipliés ces derniers temps.

 

Surveillance

Depuis le début de l'année, c'est le cinquième touriste sanctionné pour avoir endommagé le Colisée. Les autres affaires concernent deux adolescents – un Canadien et un Brésilien – ainsi qu’un père et son fils, tous deux de nationalité australienne. Pour faire face à ce type de comportements, le Colisée, qui accueille six millions de visiteurs par an, entend doubler le nombre de caméras de surveillance pour mieux contrôler les moindres recoins. Un haut-parleur devrait par ailleurs être installé à l’entrée pour rappeler en six langues les règles à respecter. Enfin, des panneaux informeront les visiteurs des peines encourues pour toute infraction.

Depuis 2011 et « l’affaire de la fontaine » (un homme avait frappé avec une grosse pierre l'une des statues de la fontaine du Maure à Rome), le gouvernement italien s’est engagé à punir plus lourdement les vandales qui s'en prennent au patrimoine culturel. Détériorer un monument historique est ainsi passible d'une peine d'un à six ans de prison et d'une amende allant de 5 000 à 10 000 euros. Quant aux vols et aux recherches archéologiques illégales,  les amendes peuvent atteindre 30 000 euros...

 

Le pari de la culture

« Une arme énorme », c’est l’expression employée le 21 novembre dernier par le ministre de la Culture, Dario Franceschini, pour qualifier l'importance stratégique du patrimoine culturel dans la croissance économique italienne. Le ministre juge que son pays n’a jusqu’à présent pas su investir suffisamment dans le secteur de la culture. Il a fait la promesse que cela allait changer. Pour cela, l’État italien a mis en place l’année dernière « l’art-bonus », un abattement fiscal de 65 % pour les entreprises et les particuliers qui effectuent des dons en faveur de la restauration de monuments et de l'aménagement de musées. En parallèle, vingt « pôles de musées » doivent être créés sur l’ensemble du territoire pour développer la culture dans le sud du pays, où seuls 15 % des touristes s’aventurent. Dario Franceschini a récemment suscité la polémique avec le projet de réaménager le Colisée, en y posant notamment un plancher permettant d’organiser des spectacles. Fervent adversaire, l’historien Tomaso Montanari déclare dans La Repubblica que seule l’exposition des fondations permet de se faire une idée de la « complexité » architecturale du monument. Il y voit déjà avec effroi l’installation de gradins permettant aux futurs spectateurs de voir des spectacles « de sons et lumières de piètre qualité ».

 

Céline Peschard

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016