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Après le rejet de sa réforme, Matteo Renzi quitte le navire

Pays : Italie

Tags : Matteo Renzi, Constitution

"Mon expérience de chef de gouvernement s'arrête là." C'est par ces mots que le président du Conseil italien Matteo Renzi a annoncé sa démission dimanche soir, après son échec lors du référendum sur la réforme constitutionnelle qu'il a portée pendant des mois. Le "non" a largement triomphé, avec 59,11%. Il s'agit sans doute plus d'un non au chef du gouvernement qu'à sa réforme elle-même, tant Matteo Renzi a personnalisé le scrutin, lui qui a annoncé, il y a plusieurs mois déjà, son départ en cas de rejet de la réforme.

La campagne du référendum

 

 

Lorsque le dirigeant aura officiellement remis au président italien Sergio Mattarella sa démission lundi après-midi, il reviendra à ce dernier soit de nommer un nouveau gouvernement -probablement formé de "technocrates"- soit de convoquer de nouvelles élections législatives, comme le réclame le Mouvement 5 étoiles. L'enjeu est crucial : si le chef de l'Etat choisit un nouveau gouvernement, il aura vraisemblablement pour tâche de réformer la loi électorale adoptée en mai 2015 qui, en l'état actuel, favoriserait fortement le mouvement populiste de Beppe Grillo lors de législatives. En quoi consiste la réforme que voulait faire passer Matteo Renzi et quel est le bilan du plus jeune président du Conseil de l'histoire ? Les explications d'ARTE Info, publiées le 1er décembre.

Ce scrutin portait sur une réforme constitutionnelle qui avait pour objectif de mettre fin au système bicaméral actuel de l'Italie et d'offrir plus de stabilité au pays.

Son résultat est bien plus qu'un échec personnel du président du Conseil italien : il signifie le retrait de l'un des derniers chefs de gouvernement pro-européens de l'UE. 

Quelles peuvent être les conséquences de ce référendum ? ARTE Info vous résume les différents scénarii.

 

 

Une réforme aux enjeux cruciaux

La réforme que voulait mettre en œuvre Matteo Renzi est le plus important changement dans la constitution italienne depuis 1945. Elle visait à limiter les pouvoirs du Sénat, pour que les lois soient votées plus facilement et plus rapidement. Jusqu'ici, le Sénat et la Chambre des députés avaient les mêmes prérogatives et se bloquaient souvent mutuellement.

Ce système bicaméral a été mis en place après la Seconde Guerre mondiale, pour empêcher le retour du fascisme. Mais aujourd'hui, c'est cette organisation qui est considérée comme la principale cause de la paralysie institutionnelle et de l'instabilité politique de l'Italie : depuis 1945, le pays a connu soixante-trois gouvernements et -l'exemple est frappant- quatre présidents du Conseil depuis 2010. Les opposants à cette réforme craignaient qu'elle ne donne trop de pouvoir au gouvernement, si les deux assemblées ne sont plus en mesure de le contrer.

Un "démolisseur" à la tête du gouvernement

Matteo Renzi, le plus jeune chef du Conseil italien de l'histoire, prête serment en février 2014. Depuis, il tient fermement les rênes du pays. Le "démolisseur" -comme il s'est lui-même  surnommé- a soumis tout l'establishment politique italien à une cure de jouvence. Autrefois décriée, la vieille caste politicienne a désormais disparu. Des visages nouveaux -et jeunes- font partie de son cabinet. Un vent de fraîcheur souffle sur le gouvernement.

 

Dernière màj le 5 décembre 2016