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Islande – L’UE, non merci !

Pays : Islande

Tags : union européenne, Adhésion, quotas de pêche

L’île volcanique vient de retirer sa candidature, déposée en 2009, auprès de l’Union européenne (UE). Eurosceptique, le gouvernement de centre droit refuse notamment de se soumettre aux quotas de pêche imposés par l’UE.

« Les intérêts de l’Islande sont mieux servis en dehors de l’Union européenne. » Dans un communiqué publié le 12 mars 2015, le ministre des Affaires étrangères de l’île de l’Atlantique Nord, Gunnar Bragi Sveinsson, a ainsi enterré le processus d’adhésion à l’UE. Deux ans après son arrivée au pouvoir, le gouvernement de centre droit concrétise son euroscepticisme. Un non définitif et sans consultation du peuple, puisque les autorités du pays ont précisé ne pas avoir « l’intention d’organiser un référendum ».

La candidature de l’Islande avait été déposée en 2009. À l’époque, le gouvernement de gauche tente de survivre à la violence de la crise financière. L’île plonge dans la récession. Les citoyens perdent confiance en leurs institutions. La monnaie islandaise, la couronne, dégringole. Le pouvoir en place voit dans l’euro une bouée de sauvetage. L’enjeu alors est clair : « Ne plus jamais se retrouver seul face à la crise », analyse pour le quotidien Le Monde Rosa Erlingsdottir, professeure de sciences politiques à l’université de Reykjavik.

60% des Islandais sont désormais opposés à une adhésion à l'UE."

 

La donne a désormais changé. La croissance a repris le dessus. Comme le rappelle l’hebdomadaire L'Expressl'Institut statistique national a annoncé que l'activité économique de l'Islande avait dépassé en 2014 son niveau d'avant la crise financière. Surtout, l’hostilité des insulaires envers l’Union européenne n’a jamais été aussi forte. Selon un sondage publié en octobre 2013, près de 60 % des Islandais sont désormais opposés à cette adhésion.

La « guerre du maquereau »

En cause notamment, les quotas de pêche. L’Islande a toujours refusé de soumettre ce secteur, pilier de son économie, aux exigences de l’UE. L’Europe s’oppose à l’île volcanique notamment en ce qui concerne le maquereau. Depuis 2010, le pays a décidé d’augmenter considérablement ses prises, au motif que le réchauffement climatique aurait conduit ce poisson à migrer dans ses zones de pêche exclusives. Un conflit que les nombreuses négociations entre Bruxelles et Reykjavik n’ont pas permis de régler.

De son côté, l’Union européenne a accueilli la nouvelle avec diplomatie. « La porte de l’UE reste naturellement ouverte à l’Islande », a réagi le 13 mars 2015 une porte-parole de la Commission européenne, Maja Kocijancic, précisant que ce revirement ne constituait en aucun cas un revers pour l’Union. Malgré leur décision, les autorités islandaises ont affirmé vouloir maintenir avec celle-ci « des relations et une coopération étroites ».

Franck Berteau

 

Dernière màj le 8 décembre 2016