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Irlande - Artistes pour l’avortement

Pays : Irlande

Tags : Avortement, Droit à l'avortement, IVG

Alors que l’interruption volontaire de grossesse est toujours interdite dans le pays, 240 artistes se mobilisent pour faire changer la constitution. 

Ils sont peintres, poètes, écrivains, acteurs ou encore chanteurs. En Irlande, 240 artistes nationaux ont lancé en septembre une campagne avec une pétition en ligne intitulée « Artists campaign to repeal the eight amendment » - « Artistes en campagne pour abroger le huitième amendement ». Cet article de la Constitution irlandaise, qui donne aux fœtus les mêmes droits constitutionnels qu’un citoyen dès les premières semaines de grossesse, interdit aux femmes d’avorter. Une situation inchangée depuis le référendum national de 1983 qui avait vu 67% des votants s’exprimer contre l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

A l’approche des élections législatives en Irlande les « people » expliquent leur démarche sur un site dédié à leur combat : « Nous étions frustrés et extrêmement déçus que, malgré de nombreux cas flagrants de négligence et de mauvaise gestion des soins de la femme, résultant de ce huitième amendement, il semble qu’il existe un manque de volonté politique de lutter contre ce que nous considérons comme un problème urgent. » Les artistes font référence à de récents scandales qui ont ébranlé le pays. Comme le décès très médiatisé en 2013 de Savita Halappanavar, morte d’une septicémie à l’hôpital, après s’être vue refuser une IVG, alors qu’elle faisait une fausse couche. Plus récemment, une femme de 26 ans, enceinte de quatorze semaines, déclarée cliniquement morte, avait été maintenue en vie durant de longs jours, pour la simple et bonne raison que l’enfant pouvait, à priori, être sauvé.

Bientôt un nouveau référendum

Le droit à l’avortement devrait occuper une place de plus en plus importante dans le débat public en Irlande, à l’approche des prochaines échéances électorales. Un nouveau référendum devrait être organisé. Comme le rappelle Le Parisien, un sondage réalisé par Amnesty International en juillet 2015 révélait que 67% des Irlandais se prononceraient en faveur de la dépénalisation de l’avortement, et 81% pour un assouplissement de la loi. Il y a deux ans, les autorités avaient déjà ouvert une première brèche en autorisant l’avortement dans des cas extrêmes : urgences médicales ou risque de suicide. Conformément à la loi, les médecins ont le droit de déterminer si la vie d’une femme est en danger dans ces circonstances. L’IVG reste à ce jour interdit aux femmes qui ont subi un viol ou en cas de malformation du fœtus.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016