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Immigration : Bruxelles propose un plan d'action

Pays : Belgique

Tags : Commission européenne, migrants

Pressée d’agir sur la question de l’immigration et de l’asile dans l’espace européen, la Commission européenne a présenté ce matin un plan d’action. C’est Jean-Claude Juncker son président qui a exposé les mesures à court et moyen terme que les Etats membres de l’Union sont invités à adopter et à mettre en œuvre. Elles reposent sur quatre grands principes : dissuader l’immigration illégale, sauver des vies tout en sécurisant les frontières, améliorer la politique d’asile et mettre en place en place une meilleure politique migratoire commune. La Commission incite à la solidarité entre pays membres pour que l’immigration ne soit plus une charge supportée par quelques-uns seulement. Elle préconise notamment l’instauration de quotas. Déjà, certains Etats comme la Grande-Bretagne ont accueilli très défavorablement ces propositions. 

En terme d'immigration l'impact d'une ouverture de frontière est très marginale.

François Gemenne, professeur à Science po et membre de Mobglob - 13/05/2015

Jean-Claude Juncker  prône une approche globale qui s’attaque d’abord à l’urgence de la situation. Voici quelques-unes de ses propositions :

 

- Pour 2015, augmentation de 89 millions d’euros du budget des missions Triton et Frontex afin de renforcer les moyens humains et matériels et d’étendre leur aire géographique d’intervention.

 

- 57 millions d’euros supplémentaires pour le Fonds "Asile, migration et intégration" afin d’aider les pays membres qui se trouvent en première ligne, comme l’Italie. Cet argent servira à l’aide d’urgence à l’arrivée des migrants.

 

- A la fin du mois, la Commission espère déclencher un "mécanisme de relocalisation" temporaire. Ce programme prévoit de réinstaller 20.000 demandeurs d’asile "qui ont manifestement besoin d’une protection internationale" et qui sont déjà présents sur le sol européen. Il consistera à répartir les bénéficiaires sur le territoire européen entre les différents Etats membre en se basant sur le PIB, la taille de la population, le taux de chômage et le nombre de demandeurs d’asile déjà acceptés et de réfugiés déjà installés. Un budget de 50 millions d’euros supplémentaires sera destiné à ce programme.

 

En parallèle, les procédures de retour vont aussi être renforcées pour les migrants en situation irrégulière et qui seront considérés comme n’ayant pas besoin d’une protection.

 

Mesures à moyen terme visant à freiner et dissuader l’immigration illégale :

 

- La lutte contre les réseaux criminels : multiplier et étendre les enquêtes sur les passeurs, développer les moyens pour les traduire en justice et saisir leurs avoirs.

 

- Renforcer la coopération entre Frontex et Europol pour le repérage et la destruction éventuelle des embarcations susceptibles d’être utilisées par les passeurs pour faire voyager les migrants. Surveillance des réseaux internet pour bloquer les sites faisant la "publicité" des traversées illégales.

 

- Accroissement de la coopération avec les pays par lesquels transitent les migrants notamment en renforçant le rôle des officiers de liaison de l’Union européenne détachés dans les pays tiers (pays sources ou pays de transit). Entre autres pays avec lesquels la Commission souhaite collaborer plus étroitement : Egypte, Niger, Soudan, Turquie et Pakistan.

 

- Dans les pays de transit, développer des centres qui prendront en charge et informeront les migrants sur leurs chances d’être ou non acceptés en Europe et, le cas échéant, sur les solutions d’aide possible pour retourner dans leur pays d’origine. La Commission européenne a annoncé qu’un tel centre allait être construit au Niger d’ici la fin de l’année.

 

- Améliorer les procédures de retour des personnes en situation irrégulière applicables dans l’Union. D’après la Commission le système s’avère déficient. Elle affirme qu’en 2013, "sur 425.000 personnes ayant fait l’objet d’une décision de retour, seules 167.000 ont quitté l’UE". L’agence Frontex pourrait ainsi voir ses compétences étendues pour réaliser des reconduites à la frontière de sa propre initiative.

 

 

Enfin, la Commission qui pointe "les limites structurelles de la politique migratoire de l’Union et des instruments dont elle dispose", encourage les 28 à s’acheminer vers une politique migratoire commune. Elle préconise l’harmonisation en matière de droit d’asile afin que l’Union adopte un jour un statut uniforme et que chaque migrant soit traité de manière égale quel que soit son pays d’arrivée.

 

Les préconisations de la Commission européenne passeront-elles le barrage des égoïsmes souverains quand viendra le moment de les adopter ou de les rejeter ? Le plan de Bruxelles dévoilé ce matin sera, dans un premier temps, discuté le 15 juin par les ministres de l’Intérieur de l’Union, puis examiné par les chefs d’Etat et de gouvernement européens.

 

Les pays membres face aux quotas d’immigration proposés par la Commission européenne :

QuotasFR

 

Dernière màj le 8 décembre 2016